La valeur du présent

Pour ceux qui ont comme moi la chance (si si) de ne pas en vivre, l’écriture peut (et doit ?) ralentir son rythme en ces temps de pandémie.

Parce que l’industrie du livre souffre déjà en temps normal de surproduction. Parce que l’année dernière, de nombreuses nouvelles publications ont été mises en attente : difficile de sortir une nouveauté quand les librairies étaient fermées, sans parler des salons du livre (oh non, n’en parlons pas !). Du coup, les calendriers de publication se décalent, l’attente s’éternise. Certaines autrices et auteurs espéraient une publication en 2020 ou 2021, qui sont contraints d’attendre quelques mois, voire années.

Dans ces conditions, les maisons d’édition mettent le holà. Ils ferment leurs services « manuscrits ». Quand ils ne ferment pas tout court..

Alors, faut-il écrire moins ? Accumuler les manuscrits dans un tiroir ? Chercher et dénicher les maisons qui acceptent encore de nous lire, parce qu’elles ont du temps, de la place, des perspectives d’avenir ?

Chacun et chacune sa bonne réponse.

En ce qui me concerne, avec trois jeunes enfants, dont un pour lequel l’âge se compte encore en semaines, je n’ai de toute façon que peu le temps d’écrire en ce moment. Quelques-uns de mes romans tournent chez les éditeurs, mais c’est vrai que j’ai l’impression de traverser un désert éditorial et pour encore un certain temps.

Dans ces conditions, ce serait facile de lâcher l’affaire. De me concentrer sur d’autres activités (dormir ?).

Pourtant, plus que jamais, l’acte d’écrire porte en lui-même sa récompense.

Peut-être que toutes ces histoires ne quitteront jamais mes tiroirs. Qu’elles ne seront connues que de mes proches, mes enfants en particulier (quand ils auront l’âge).

C’est un peu triste comme idée, mais comment savoir ?

La pandémie m’a appris, et continue à m’apprendre, la valeur du présent. Bien sûr, je peux passer du temps à regretter les instants, le monde, ma vie passés. Ou à anticiper le futur et à angoisser. À m’apesantir sur toutes les frustrations que cette époque génère.

Ou alors, pour ne pas devenir folle, dépressive, voire les deux, je peux… savourer.

Savourer cette gorgée de thé à la température parfaite. Savourer ce moment, fût-ce une minute ou une heure, de silence (les jeunes parents me comprendront).

Savourer enfin cette incursion dans… un arbre. Un baobab. À écouter le chant du vent dans les branches dénudées. À imagnier l’odeur de l’écorce, des fleurs, des fruits. À sentir l’effort fourni par mon héroïne pour escalader branche après branche.

Puis, une fois revenue dans le monde réel, où je change des couches, planifie des repas et entretiens un semblant de discipline, savoir que cet arbre existe encore, dans un cahier, sur un disque dur, et bien sûr dans ma propre tête.

Crédit photo : Themeinn sur Unsplash

Six choses que l’écriture a changé dans mon quotidien

L’écriture, ça vous change la vie… et pas que par la place qu’elle occupe dans un emploi du temps ! Florilège de choses que je ne faisais pas avant d’écrire, mais qui sont devenues mon quotidien…

1) Je me lève plus tôt

C’est la seule méthode qui marche pour moi, pour écrire dans la durée. Attendre la fin de la soirée, quand les tâches ménagères sont terminées, que le travail de la journée est loin derrière moi… Non, désolée, je n’ai plus de temps de cerveau disponible, je veux me prélasser dans mon canapé, regarder une série ou un film, me plonger dans un bouquin ou faire des chatouilles à Petitchat ou Grandchat, s’il y en a encore un réveillé.

2) Je regarde le nom des maisons d’édition sur les livres

Ça ne m’arrivait jamais, avant. Et même, je ne connaissais pas toujours le nom de l’auteur, quand je cherchais un livre pour une raison ou pour une autre. Alors que maintenant, TOUJOURS. Je crois qu’on appelle ça de la déformation professionnelle 😉

3) J’ai enfin un prétexte pour accumuler la papeterie

Ceci n’est PAS un message subliminal en rapport avec cette période de l’année. Je ne suis PAS DU TOUT friande de carnets, de toutes les tailles, de toutes les formes, de stylos de couleurs improbables, de crayons à la mine toute soyeuse. D’ailleurs, je n’ai rien de tout ça à la maison. Et JAMAIS ça ne m’arrive de scruter le rayon des cahiers pendant mes courses, en pensant à mon nouveau projet sur le point d’éclore.

4) On me prend pour La référence en langue française

« Dis, c’est quoi la définition d’une prétérition ? »

« Compte-rendu au pluriel, tu l’écris comment ? »

5) J’ai une pile à lire toujours plus monumentale

La pile à lire ou PAL, ça dit bien ce que ça veut dire, je crois. C’est un terme de plus en plus en vogue chez les rats de bibliothèque.

Depuis que j’écris, je me documente. Donc je lis beaucoup plus de « non-fiction ». Et je connais de plus en plus d’auteurs, certains sont des amis. Et en plus, je cherche à mieux connaître les différents éditeurs des genres dans lesquels j’écris. Ce qui fait que j’ai actuellement dans ma PAL vingt-et-uns livres, sans compter la liste de ce que j’aimerais emprunter à la bibliothèque ou m’acheter quand ce n’y est pas.

De temps en temps, j’ai l’occasion de faire baisser le niveau, les vacances qui approchent vont m’aider (youpiiiii).

6) Je choisirai bien plus de prénoms que vous (sauf si vous êtes auteur aussi)

À la louche, je dirais que j’ai dû nommer plus d’une vingtaine de personnages dans L’oeil de Tolmuk. Chaque nouveau texte, roman ou nouvelle, est l’occasion d’en rajouter, je ne dois pas être loin de la centaine au total (en comptant les écrits non publiés à ce jour).

À la semaine prochaine pour le dernier article de l’année.

 

Crédit photo : Brandi Redd sur Unsplash

La bêta-lecture, un catalyseur

Où je vous parle de ma rencontre avec un forum, une communauté d’auteur·e·s, la bêta-lecture et leur impact sur mon écriture…

Si vous lisez ce blog régulièrement, je pense que vous avez compris que les textes que j’écris ne « sortent » pas tous beaux, tous lisibles, du premier coup. Qu’il me faut plusieurs étapes d’écriture, correction, réécriture, pour tendre vers l’idée que je me faisais de l’histoire (« tendre », parce que je n’atteins jamais la perfection).

Quand j’ai repris l’écriture en 2011, j’ai commencé par travailler dans mon coin. C’était parfois difficile, parce que je passais (comme tout·e auteur·e je crois) par des phases de découragement, qui succédaient à des phases de « je suis géniale » (sauf que non). Chaque étape d’amélioration d’un manuscrit me permettait de progresser, mais c’étaient des progrès de fourmi. De plus, je n’avais pas forcément conscience des mécanismes que je manipulais, de l’horlogerie que je réglais.

En 2013, tout a changé. J’ai découvert un forum de bêta-lecture. Moi qui ne m’étais jamais approchée de ce type de plateforme, je me suis inscrite et, en quelques mois, immergée entièrement dans une communauté. Une communauté d’auteur·e·s.

Je savais bien, avant cette inscription, que nous étions nombreux à peiner sur nos écrits, à chercher à progresser sans passer par un (très) coûteux atelier d’écriture, ou par une correction professionnelle.

Mais quelle surprise quand j’ai vu que non seulement, des personnes pouvaient se « corriger » mutuellement de manière bénévole (et efficace), mais qu’en plus, on pouvait s’encourager pendant les différentes phases de travail, partager trucs et astuces, se conseiller des livres techniques, etc.

Sans parler de nouer des amitiés avec des gens qui partagent votre délire, car après tout, qui d’autre qu’un auteur pour se poser des questions du type : « S’il y avait eu de la vie intelligente sur Mars il y a trois milliards d’années et qu’elle avait voulu émigrer sur une autre planète, est-ce qu’elle aurait préféré la Terre ou Vénus ? Quelles étaient les conditions de vie à l’époque  ? » (si si, je me pose ce genre de question en ce moment).

Ils sont nombreux, ces forums où les auteurs en devenir s’entraident. Celui où je vais régulièrement prendre ma dose de motivation s’appelle CoCyclics et est spécialisé dans les littératures de l’imaginaire (science-fiction, fantastique, fantasy). La bienveillance y est de rigueur (ce qui devrait aller sans dire partout sur Internet et en dehors, mais…).

Il comporte de multiples espaces de travail pour :

  • s’entraider pendant l’écriture, en maintenant la motivation grâce à des doses élevées de chocolat virtuel :chocolat:
  • corriger son texte grâce à des bêta-lectures, avec des sous-forums spécifiques : nouvelles, extraits de romans, synopsis, romans entiers
  • échanger sur nos aventures dans l’océan des envois éditoriaux

Les sections sont d’un accès plus ou moins restreint, en fonction de la sensibilité du sujet (n’importe qui ne peut pas par exemple accéder aux romans complets), mais aussi de l’intégration du membre dans la communauté. Car une relation de confiance est nécessaire, que dis-je, indispensable pour échanger sur son texte, objet intime et pourtant voué à être partagé, lu par d’autres (en tout cas, si on recherche la publication).

Two people in elegant shirts brainstorming over a sheet of paper near two laptops

D’accord, mais c’est quoi la bêta-lecture ? Simplement, une lecture critique et argumentée d’un texte. Il ne s’agit pas de corriger les fautes d’orthographe : on peut signaler les coquilles au passage, mais ce type de correction reste le boulot de l’auteur·e. À elle·lui de faire en sorte que son roman ou sa nouvelle soit propre. La bêta-lecture (BL pour les intimes) n’est pas non plus un simple relevé de « j’aime/j’aime pas ». C’est déjà un pas de plus dans la méthode, mais il ne sera guère utile à l’auteur·e s’il n’est pas complété par un décortiquage des sensations de lecture.

En d’autres termes, un bon bêta-lecteur saura signaler que tel passage l’a ennuyé et pourquoi. Ou qu’il a été complètement emporté par tel chapitre, parce que le rythme est intense, soutenu, les personnages émouvants (quand on a ce genre de retour, on sent qu’on touche au but 🙂 ).

Il ne s’agit pas de dire à un·e auteur·e, de manière objective et impartiale, ce que « vaut » son texte (c’est impossible), mais simplement de lui livrer son ressenti. Ce qui est super avec cette méthode, c’est que plus on bêta-lit les autres ou se fait bêta-lire, plus on prend conscience de la mécanique des textes. De ce qui fonctionne ou pas. Des raisons qui se cachent derrière certains choix d’écriture, comme quand on fait souffrir un personnage pour amener de la tension narrative et le pousser à se dépasser.

Et c’est un formidable catalyseur de progrès. Peut-être aurais-je réussi, à force de travail, à hisser mes textes à leur niveau actuel sans CoCy, mais je pense que ça m’aurait pris un temps… infini. Attention, je ne me prends pas pour une grande auteure, mais force m’est de constater que quelques années-lumières séparent mes écrits (nouvelles comme romans) d’avant 2013 et d’après.

A large number of books covering the walls of a room with an old double door

Actuellement, je travaille sur un roman qui a subi une bêta-lecture complète. Ou plutôt, qui est passé par une première phase (appelée « alpha-lecture »). Celle-ci a permis de déceler les problèmes structurels et les principaux défauts de forme de ce roman. Grâce à cette « alpha » (et merci au passage à mes « alphettes » pour leur travail de titan <3), j’ai pu identifier des problèmes récurrents dans mes écrits (le manque de tension, mais aussi quelques autres) et surtout la façon dont se matérialisaient ces problèmes. Après une longue phase de digestion de cette information, j’ai repris l’écriture en m’efforçant de corriger les principaux défauts de ce roman.

La réécriture est presque terminée et il sera bientôt temps pour le bestiau de repasser par les mains de bêta-lectrices·teurs pour une nouvelle lecture critique, qui doit cette fois s’attacher à des problèmes plus locaux (si les nouvelles fondations de l’histoire sont assez solides). Je reprendrais ensuite le roman pour une ultime correction, avec plus de recul puisque plusieurs mois se seront écoulés, mais surtout avec l’accélérateur qu’est la bêta-lecture pour m’accompagner dans l’amélioration, le polissage de mon histoire.

À bientôt pour un nouvel article…

 

Crédits photos : Patrick TomassoHelloquence et Eugenio Mazzone sur Unsplash

Autour du livre 4 – le salon du livre

Ce mois-ci, je voudrais vous parler de tout ce qui se passe avant que vous ne teniez un roman entre vos mains. Nous allons faire un tour de la chaîne du livre. Ou plutôt, d’une chaîne du livre, car il existe plusieurs circuits. 

Pour terminer cette série d’articles et boucler la chaîne, je passe la parole à Marie-Hélène Landragin, qui organise le salon du livre de Somain (59), ou plutôt « les » salons, un salon du livre « tous publics » le week-end, et un salon « petite enfance le mercredi qui précède. Tout cela, la première semaine de décembre (la semaine prochaine, donc, si vous suivez bien !).

SALON 2016

***

Combien de personnes compte l’équipe organisatrice ?

La structure porteuse est la municipalité (et son CCAS pour le salon petite enfance).

Concernant l’organisation générale du salon du weekend (contacts avec les auteurs et les maisons d’édition, élaboration de la communication, mise en place du concours de nouvelles, du comité de lecture, commande des repas, de l’hôtel, contacts avec les écoles, confection du recueil de nouvelles….), c’est du ressort de Marie-Hélène LANDRAGIN (moi-même ☺), qui travaille au sein du service événementiel.

Pour l’installation de la salle, ce sont trois personnes du Centre Technique Municipal et moi-même.

Le « grand jour », j’ai, en renfort, avec moi, la dame de service de la salle, une collègue de la mairie et la bibliothécaire.

Pour l’organisation du salon petite enfance, viennent s’ajouter les structures du CCAS (Centre Communal d’Action Sociale) de la Ville : Crèche municipale, Ludothèque municipale et Centre Socioculturel municipal.

Comment est financé le salon ?

C’est la municipalité qui finance intégralement le salon. De 2011 à 2015, nous avions reçu une petite subvention du Conseil Départemental, mais plus depuis.

Pour information, les auteurs ne paient pas d’emplacement sur le salon. De plus, nous offrons repas du midi et hôtel. Et l’entrée est gratuite pour le public.

Qu’est-ce qu’il y a au programme de ce salon ?

Il y a d’abord un concours de nouvelles fantastiques lancé en début d’année. Les candidats doivent écrire une nouvelle à partir d’une photo et nous l’envoyer avant le 15 septembre. Il y a trois catégories d’âge (10-14 ans, 15-17 ans et adulte). Les résultats sont ensuite annoncés lors de l’inauguration du salon du livre. Les trois premiers de chaque catégorie reçoivent un cadeau offert par la municipalité et leur nouvelle est publiée dans un recueil écrit et édité par le service événementiel de la Mairie.

Lorsqu’un auteur s’inscrit au salon, il peut concourir aux prix littéraires de la ville en envoyant un de ses livres. Un comité se réunit une première fois en juin pour découvrir les livres, puis entame leurs lectures juste après. Enfin, ils se réunissent une seconde fois début novembre pour élire les premiers prix en catégories enfance, jeunesse et adulte, ainsi que le coup de cœur Fantastique du jury.

Dans le cadre du salon, nous demandons également aux auteurs s’ils veulent bien intervenir gracieusement dans les écoles de la ville. En général, une vingtaine d’entre eux s’inscrivent dans la démarche. Sont alors concernés les quatre écoles primaires de la ville, les deux collèges et le lycée publics. Les interventions en milieu scolaire se font en général dans la semaine qui précède le salon.

D’autres animations ont lieu pendant le salon petite enfance. Elles sont mises en place par nos structures partenaires (Crèche municipale, Ludothèque municipale et Centre Socioculturel municipal et Amicale Laïque des Ecoles Publiques de Somain). Au programme : lectures de contes, de kamashibaï, activités manuelles autour du livre, jeux d’éveil… et souvent la présence d’un(e) conteur(se) professionnel(le). Pendant le « grand » salon, chaque personne qui achète un livre se voit remettre un ticket de tombola. Et pendant les 2 jours, nous tirons au sort plusieurs tickets et les participants gagnent un livre. Le samedi, les auteurs et les organisateurs se costument pour le plaisir des plus petits et des plus grands

SALON 2016 - les organisateurs

Une partie de l’équipe organisatrice avec au centre à droite, Marie-Hélène
(tiens, on doit être samedi ^^ )

Quels sont les partenaires du salon ?

La librairie somainoise « La P’tite Récré » est présente pendant tout le salon.

La bibliothèque Jules Mousseron qui se situe sur le territoire de Somain appartient, pour le moment au Comité d’Etablissement SNCF. Elle est en-cours de rachat par la Municipalité. Depuis le début du salon, la bibliothécaire est présente pendant le salon du weekend. Après le rachat, nous envisageons de développer le salon avec des activités au sein de la bibliothèque.

Plusieurs maisons d’éditions s’inscrivent régulièrement au salon et sont des habituées de l’événement. Chaque année, nous en inscrivons des nouvelles.

Tous les écoles, collèges et lycée publics de la ville sont partenaires de l’événement. Chaque année, l’école primaire Barbusse de Somain présente même un stand le samedi.

Tu dois mener ton année tambour battant pour que tout soit prêt à temps le jour J ! Tu peux nous donner une idée de ton calendrier ?

De février à mai : inscriptions des auteurs et des maisons d’édition

En juin : choix des auteurs par le comité ; élaboration de la communication

Fin juin : première réunion du comité de lecture

Juillet/août : élaboration du catalogue papier puis impression ; inscriptions des auteurs et de leurs biographie et bibliographie sur le site internet du salon

Début septembre : lancement de la communication (envois d’affiches, de flyers, pages Facebook de la ville, annonce sur le site internet de la ville, annonce dans le journal communal « La Vie Somainoise »

Septembre à décembre : préparation technique du salon (plan, réservations hôtels, repas,…) ; relations à établir entre les auteurs et les établissements scolaires

Fin octobre : réunions avec le jury pour le concours de nouvelles, puis avec le comité de lecture pour les prix littéraires.

Début novembre : frappe, mise en page et impression du recueil de nouvelles ; choix et commande des cadeaux aux auteurs primés et aux lauréats du concours de nouvelles ; élaboration de diplômes pour les gagnants et tous les participants du concours.

Semaine du salon : derniers préparatifs et installation du salon.

Comment sont choisis les exposants ?

Les auteurs et maisons d’édition s’inscrivent auprès du service événementiel de la Mairie entre février et mai. Les demandes sont ensuite soumises à un comité.

Les auteurs ou maisons d’édition qui souhaitent revenir l’année suivante doivent proposer une ou des nouveautés.

Il n’y a pas de frais d’inscription.

Comment est assurée la promotion du salon ?

Il y a quelques années, faute de site internet officiel de la ville, nous avons créé un site internet dédié au salon. Vous pouvez y retrouver la liste des auteurs et leur biographie, les maisons d’édition avec un lien sur leur site, les affiches et photos des années précédentes… Ce site est mis à jour à partir de juillet/août.

Nous réalisons également des affiches, des flyers et un catalogue des auteurs que nous imprimons nous-même.

La page Facebook « Mairie de Somain – Programme culturel officiel » et celle de M. le Maire annoncent également l’événement.

Une conférence de presse a lieu mi-novembre. Nous travaillons avec la presse locale et régionale. L’événement est également annoncé sur Chérie FM pendant une quinzaine de jours.

Cette année, nous avons mis également une annonce dans le magazine SORTIR Hauts de France (qui vise 400 000 lecteurs par semaine, 90 000 exemplaires, 750 points de dépôts), ainsi que sur leur site internet (500 000 visiteurs par mois). Sa diffusion se déploie sur Lille les 90 communes de la communauté d’agglomération  ainsi que sur toutes les grandes agglomérations Valenciennes et sa communauté d’agglomération, Douai, Béthune, Saint-Amand-les-Eaux, Lens, Liévin, Arras, le Bassin Minier.

SALON 2016 pour la petite enfance

***

Eh bien, voilà qui va encore doper la fréquentation de ce salon, qui n’a pas à rougir de son nombre de visiteurs, comme j’ai pu le constater ces trois dernières années. Je ne pourrai pas participer à l’édition 2017, mais je souhaite à mes collègues et aux organisateurs un très bon salon. Et pour finir, un immense merci à Marie-Hélène qui a pris le temps de répondre à mes questions indiscrètes au milieu des derniers préparatifs.

 

La semaine prochaine, je reprendrai le fil plus routinier des articles consacrés à l’écriture en général, en vous expliquant comment je suis devenue une auteure impitoyable… 😉

 

Crédit photos : Salon du livre de Somain

Retrouvez le reste de la série :
Autour du livre 1 – l’auteur·e
Autour du livre 2 – l’illustratrice
Autour du livre 3 – la maison d’édition

Autour du livre 3 – la maison d’édition

Ce mois-ci, je voudrais vous parler de tout ce qui se passe avant que vous ne teniez un roman entre vos mains. Nous allons faire un tour de la chaîne du livre. Ou plutôt, d’une chaîne du livre, car il existe plusieurs circuits. 

Et cette semaine, nous plongeons dans les arcanes de Yucca Éditions, qui publie ma série, Les Puissances de Nilgir.

Yucca Editions - Boutique

 

L’édition en circuit court

Yucca Éditions n’est pas l’une des cinq maisons les plus connues de France. En général, ceux qui vivent loin du Tarn n’en entendent jamais parler, à moins de tomber sur l’un·e ou l’autre de ses représentant·es ou de ses auteur·es, au détour d’un salon du livre. Car c’est là que bat le cœur des petites maisons comme Yucca.

L’industrie du livre est telle qu’il est compliqué d’assurer une présence à un roman dans toutes les librairies de France, à moins de travailler avec un distributeur et un diffuseur importants (et donc coûteux).

Quand on aime les livres, quand on a envie d’en publier, il existe d’autres moyens de les faire connaître aux lecteurs, et les salons du livre en font partie. Aussi, l’équipe de Yucca est-elle régulièrement sur les routes de France pour promouvoir les pépites qui émaillent son catalogue.

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L’humain derrière la maison d’édition

Yucca, c’est une maison d’édition sur le mode associatif, créée en 2013. Le travail éditorial (y compris corrections et maquette) est géré en interne, par Stéphanie Chaulot et son équipe, dont Daniel Pagés. Daniel, mon éditeur originel qui a fait le choix de fusionner sa maison d’édition avec Yucca en 2015.

Sa ligne éditoriale se compose principalement de littérature jeunesse (romans et albums), mais quelques polars se sont glissés dans son catalogue, et la part belle reste au voyage, dans notre monde ou ailleurs. Cette maison regroupe des auteurs passionnés, dont plusieurs jeunes plumes (par exemple, le premier tome de la saga Vitaltest a été publié quand l’auteure avait 16 ans).

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Avant la conception, le choix

Qui dit maison d’édition dit sélection de manuscrits. Quelle est la trajectoire d’un manuscrit chez Yucca ? Comme chez la plupart des éditeurs, il y a plusieurs filtres sur le parcours-type, car la maison d’édition reçoit tout simplement beaucoup trop de manuscrits ne serait-ce que pour tous les étudier de manière poussée.

Tout d’abord, ils s’assurent que le manuscrit reçu rentre bien dans la ligne éditoriale de la maison – nombre de manuscrits sont adressés à des maisons qui ne publient tout simplement pas ce genre-là. Imaginez, par exemple, un manuel de tricot envoyé à un éditeur de romance…

Puis un comité de lecture, composé d’un panel de lecteurs de tous âges et tous profils, lit le manuscrit, fait un retour sous forme de fiches de lecture, donne un avis.

L’éditrice a le dernier mot. Il faut qu’elle croie dans le roman pour s’engager dans le long travail qui s’annonce, aussi bien de préparation du livre (corrections éditoriales, illustration, maquette…) que de vente.

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Respecter le rythme de vie du roman

Car qui dit vente dit promotion. Via les réseaux sociaux, avec le diffuseur et le distributeur… C’est un travail de longue haleine qui se profile, pour tous les acteurs (Yucca comme l’auteur).

Le cycle de vie d’un roman n’est pas le même dans une maison d’édition « nationale » que dans une plus locale, comme Yucca. La nationale, avec un rythme de publication élevé, ne laisse plus vraiment le temps aux romans de prendre leur essor et de bénéficier du bouche-à-oreilles. Cette surproduction a pour conséquence que nombre de livres publiés n’ont que trois mois pour convaincre les lecteurs… trois mois, pour un roman qui a mis des années à émerger ! Ce n’est pas la stratégie de Yucca qui, grâce à son rythme de vente en salons, peut penser sur le long terme. D’où, peut-être, ce choix de publier plusieurs séries au catalogue jeunesse.

Ces petites maisons d’éditions sont bien plus nombreuses qu’on ne le pense quand on n’est pas confronté aux chaînes du livre hors « grands circuits ». Elles sont très importantes, parce qu’elles publient bien souvent des romans qui n’ont pas trouvé leur place chez les grands éditeurs car pas assez « calibrés » pour une grande distribution.

C’est un peu la différence entre le cinéma d’auteur et les blockbusters. Le film peu présent en salle parce que produit par un indépendant peut apporter autant de plaisir, sinon plus, que le film à gros budget dont l’intrigue est calibrée au millimètre, la vidéo saturée d’effets spéciaux. Le film indépendant possède un supplément d’âme, qu’a perdu le blockbuster en cherchant à tout pris à répondre à un cahier des charges.

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Ce sont souvent ces petites maisons qui permettent à de jeunes auteurs de démarrer. Ils fourbissent leur plume, se font une expérience en salons, puis prennent leur envol.

Tant que les petits éditeurs vivront, nous serons assurés d’avoir des lectures diversifiées, moins calculées pour plaire au plus grand nombre, représentatives des imaginaires variés des auteurs, dans toute leur singularité. Attention, je ne prétends pas que seule l’édition « locale » a de la valeur ou de l’importance. Mais c’est dommage de se couper de tout un pan de ce qui est publié aujourd’hui, parce qu’on « n’en parle pas à la télé ».

Conclusion : ne vous limitez pas aux grands éditeurs, qu’on trouve dans les grandes enseignes du livre. N’ayez pas peur, partez à la découverte de ces petites perles que publient les petits éditeurs. Et pour les trouver, poussez donc la porte de votre librairie de quartier, ou allez vous promener dans le salon du livre à côté de chez vous.

Ce qui m’offre une excellente transition pour le dernier article de cette série : le point de vue d’une organisatrice de salon du livre. À bientôt !

 

Crédit photo : Yucca Éditions

Retrouvez le reste de la série :
Autour du livre 1 – l’auteur·e
Autour du livre 2 – l’illustratrice

Autour du livre 4 – le salon du livre