En dédicace ce week-end à Verrières-le-Buisson (91)

J’ai le grand plaisir de vous annoncer ma première (et sans doute seule) dédicace de l’année, au salon de Verrières-le-Buisson (91), samedi 19 et dimanche 20 mars.

J’avais adoré la précédente édition à laquelle j’avais participé (2018 je crois), notamment pour la chaleur humaine et l’enthousiasme de son équipe organisatrice. Rien que pour ça, j’y retourne avec hâte, même si je suis un peu intimidée à l’idée de me retrouver derrière une table de dédicaces pour la première fois depuis… au moins deux ans et demi.

En tout cas, si vous êtes dans le coin, n’hésitez pas à venir, le programme est très alléchant avec notamment beaucoup d’ateliers (inscription préalable recommandée).

Plus d’infos sur leur site.

À ce week-end !

Lectures janvier 22

Pour redonner un peu d’allant à ce blog, je vais essayer de faire un petit bilan mensuel de mes lectures (et pourquoi pas, de mes écrits ?). Pour commencer, voici janvier ! J’en avais beaucoup en cours quand le mois a débuté, d’où ce nombre qui peut paraître très important (non je ne passe pas tout mon temps à lire… mais une bonne partie, c’est vrai).

Vango (1 et 2) de Timothée de Fombelle – éditions Folio
Je suis fan de Tobie Lolness, et je voulais découvrir d’autres titres de l’auteur depuis un bout de temps. Je suis tombée sur Vango chez mon bouquiniste préféré, alors j’ai tenté, même si de prime abord, ça ne me donnait pas très très envie, parce que ce n’est pas de l’imaginaire et que le personnage est sur le point de devenir prêtre au début du roman (comme quoi, on a parfois de bêtes a priori).
Donc… c’est très puissant, un peu comme Tobie : j’ai été emportée, j’avais des périodes de lecture très denses, puis besoin de faire des grosses pauses, sans doute à cause du rythme effréné, du style assez soutenu, du labyrinthe de personnages. Une fois le tome 2 terminé, je suis restée dedans un bon moment, c’était vraiment fort. Donc on peut dire que j’ai apprécié. Mais je ne suis pas autant fan que pour Tobie Lolness, peut-être parce que certains ressorts narratifs sont trop utilisés à mon goût (le héros qu’on croyait mort, mais qui revient vingt pages plus loin, par exemple). Et puis manquait une bonne pincée d’univers de fantasy, qui est une grande force de Tobie.
En lisant des avis ici et là après ma lecture, beaucoup râlent aussi contre le traitement des personnages féminins, trop peu développées en comparaison avec les personnages masculins. Elles n’ont pas tort, mais sur le coup ça ne m’a pas gênée.
Bref, c’est le genre de roman qu’on a envie de relire pour le plaisir de lecture, un peu comme on voudrait revoir… Grand Budapest Hotel. Oui, un truc comme ça.

En BD
J’ai fini Les Joyeux Noëls de Donald, une anthologie de Carl Barks, petite minute rétro. J’adore toujours autant les histoires de canards, même pas honte.
Et j’ai dévoré les tomes 3 et 4 de Princesse Sara (scénario Audrey Alwett). À ma bibliothèque ils n’ont pas le 2, donc j’ai fait l’impasse dessus. J’ai quand même versé ma petite larme à la fin du 4, c’est extrêmement bien adapté (du roman, pas de la série). J’ai hâte de me plonger dans les tomes suivants, qui imaginent ce qui se passe après le roman. La dose de steampunk fonctionne très bien (certains personnages sont des automates). Bref, je comprends pourquoi cette série a un tel impact, c’est vraiment addictif.

Le Château dans les nuages, puis La Maison aux mille détours de Diana Wynne Jones
Ce sont les suites, ou plutôt des spin offs avec cross-over du Château de Hurlé (dont est adapté le Château ambulant de Miyasaki).
J’ai a-do-ré. Je commence à avoir lu quelques romans de cette autrice, mais vraiment, cet univers est mon préféré. Un mélange de merveilleux, de personnages hauts en couleur, et d’humour un peu absurde. Ça marche très très bien avec moi. Et les femmes ont un vrai rôle pour le coup ^^
Dans le premier, on commence dans un univers arabisant, avec tapis volant et génie malveillant (ce qui m’a donné envie de me relire Aladdin – et d’écrire dans ce type d’univers). Dans le second, on est dans un univers qui fait un peu penser à l’Europe, côté Luxembourg ou Suisse. Il y a de la magie, des personnages truculents, une maison à l’architecture imbriquée, un peu comme le château de Hurlé.
Bref, je recommande et je relirai avec plaisir !

Seul sur Mars d’Andy Weir
Une relecture, pour le coup. Certains moments sont trop descriptifs à mon goût (je ne suis pas une bricoleuse, donc la méthode pour modifier un rover pour qu’il devienne une caravane, par exemple, ça me parle pas trop). Mais sinon, c’est toujours plaisant à lire. La fin est assez différente du film, mais ça passe très bien.

A boy named Christmas de Matt Haig
J’ai acheté le roman après avoir beaucoup aimé le film, que j’ai regardé à Noël. Eh bien j’ai préféré le film. J’ai trouvé le roman longuet, et certains partis pris du film m’ont paru plus malins. C’est sympa, mais sans plus, donc. Ce n’est pas le premier que je lis de cet auteur, et j’en ressors avec la même impression mitigée. Ça se lit bien mais je n’en garde pas grand chose à la fin. Je crois que ce qu’il écrit n’est pas pour moi !

Nemesis d’Agatha Christie
Je poursuis ma quête du roman-d’Agatha-Christie-que-je-n’ai-pas-encore-lu. Une bonne pioche, dans l’ensemble, avec une prémisse un peu improbable : Miss Marple est chargée par un vieil ami, décédé récemment, de redresser des torts. Mais elle ne sait pas de qui ni de quoi il s’agit…

Comment écrire de la fiction, de Lionel Davoust
Alors j’ai lu ce manuel en deux temps, avec une très longue pause entre les deux, pas à cause du contenu, mais à cause de ma situation personnelle (pas la concentration nécessaire à ce type de lecture, à cette époque-là). Mais ça m’a beaucoup parlé dans l’ensemble, alors j’ai pour projet de le relire, de le stabiloter, de prendre des notes… bref, je l’ai beaucoup apprécié. Et je le trouve plus concret que beaucoup d’autres manuels techniques (et j’en ai avalé beaucoup).

Les grandes oubliées de l’histoire de Titiou Lecoq
Un essai sur la place des femmes au fil de l’histoire, et comment leur place est invisibilisée par les historiens au cours des siècles, notamment au XIXè avec l’essor de l’archéologie : en gros, les historiens de l’époque ont considéré leurs découvertes avec le biais de leur société (très patriarcale), mais beaucoup d’historiens (et surtout d’historiennes) d’aujourd’hui reprennent ces découvertes en essayant d’être plus objectifs, et redéfinissent la place qu’occupaient vraiment les femmes dans les sociétés de différentes époques. Par exemple un grand guerrier (viking? je ne suis plus sûre), enterré avec ses armes et son trésor, qui se révèle être une femme. C’est très engagé, comme essai, ça se lit très très bien (je vous conseille aussi son autre titre, « Libérées ! le combat féministe se gagne devant le panier de linge sale »).

C’est tout pour ce mois-ci ! À bientôt.

Le long du canal

Au cours du confinement du printemps 2021, j’ai eu la possibilité de m’exiler au vert. J’ai aussi pu bénéficier d’un peu de tranquillité certains jours, une petite parenthèse sans enfant (qui marche) pour m’aérer l’esprit.

J’ai ainsi pu marcher dans un environnement rural, bien moins bétonné que d’habitude. Ma préférence allait aux berges d’un petit canal qui sinue entre quelques quartiers pavillonnaires et une forêt.

Les arbres vous abritent du vent et de la pluie. Quelques colverts s’ébattent tranquillement dans l’eau peu profonde, striée d’algues noires et vertes.

Le silence, là-bas, est réconfortant, vivant. Peuplé par la rumeur de la forêt.

C’est là que j’ai fait une découverte : le meilleur moyen pour moi d’ouvrir les vannes à idées, c’est de marcher en pleine nature. Donner à mon corps cette liberté, ce mouvement, ce bien-être, donner à mes sens cette nature reposante à savourer, tout cela m’apaise et ouvre le champ à mes idées. Très vite, elles tourbillonnent au gré du courant, des vents, de la respiration des lieux.

Ces idées ne concernent pas forcément l’écriture. Mais il est rare que le projet en cours ne fasse pas partie de ce foisonnement neuronal.

Tout s’ordonne. Tout s’éclaire. Les blocages se lèvent. Des idées de génie fulgurent. Malheureusement, leur aspect génial ne perdure pas souvent. En général, après un petit temps, leur côté évident et astucieux me paraît moins évident. Mais au moins, je progresse dans mon travail de création.

Mon roman en cours a vraiment bénéficié de ces balades. En fait, sans elles, il serait peut-être encore au pied d’un mur de non-inspiration.

Je suis encore loin de la fin du premier jet, mais j’avance dans sa construction.

Pour avoir essayé, cette libération de l’inspiration ne fonctionne pas quand je marche accompagnée, car alors je ne laisse pas la bride sur le cou de ma muse. Et la verdure est aussi indispensable au processus (ça me donne envie de déménager !).

Donc… vive les bains de forêt !

La valeur du présent

Pour ceux qui ont comme moi la chance (si si) de ne pas en vivre, l’écriture peut (et doit ?) ralentir son rythme en ces temps de pandémie.

Parce que l’industrie du livre souffre déjà en temps normal de surproduction. Parce que l’année dernière, de nombreuses nouvelles publications ont été mises en attente : difficile de sortir une nouveauté quand les librairies étaient fermées, sans parler des salons du livre (oh non, n’en parlons pas !). Du coup, les calendriers de publication se décalent, l’attente s’éternise. Certaines autrices et auteurs espéraient une publication en 2020 ou 2021, qui sont contraints d’attendre quelques mois, voire années.

Dans ces conditions, les maisons d’édition mettent le holà. Ils ferment leurs services « manuscrits ». Quand ils ne ferment pas tout court..

Alors, faut-il écrire moins ? Accumuler les manuscrits dans un tiroir ? Chercher et dénicher les maisons qui acceptent encore de nous lire, parce qu’elles ont du temps, de la place, des perspectives d’avenir ?

Chacun et chacune sa bonne réponse.

En ce qui me concerne, avec trois jeunes enfants, dont un pour lequel l’âge se compte encore en semaines, je n’ai de toute façon que peu le temps d’écrire en ce moment. Quelques-uns de mes romans tournent chez les éditeurs, mais c’est vrai que j’ai l’impression de traverser un désert éditorial et pour encore un certain temps.

Dans ces conditions, ce serait facile de lâcher l’affaire. De me concentrer sur d’autres activités (dormir ?).

Pourtant, plus que jamais, l’acte d’écrire porte en lui-même sa récompense.

Peut-être que toutes ces histoires ne quitteront jamais mes tiroirs. Qu’elles ne seront connues que de mes proches, mes enfants en particulier (quand ils auront l’âge).

C’est un peu triste comme idée, mais comment savoir ?

La pandémie m’a appris, et continue à m’apprendre, la valeur du présent. Bien sûr, je peux passer du temps à regretter les instants, le monde, ma vie passés. Ou à anticiper le futur et à angoisser. À m’apesantir sur toutes les frustrations que cette époque génère.

Ou alors, pour ne pas devenir folle, dépressive, voire les deux, je peux… savourer.

Savourer cette gorgée de thé à la température parfaite. Savourer ce moment, fût-ce une minute ou une heure, de silence (les jeunes parents me comprendront).

Savourer enfin cette incursion dans… un arbre. Un baobab. À écouter le chant du vent dans les branches dénudées. À imagnier l’odeur de l’écorce, des fleurs, des fruits. À sentir l’effort fourni par mon héroïne pour escalader branche après branche.

Puis, une fois revenue dans le monde réel, où je change des couches, planifie des repas et entretiens un semblant de discipline, savoir que cet arbre existe encore, dans un cahier, sur un disque dur, et bien sûr dans ma propre tête.

Crédit photo : Themeinn sur Unsplash

Une porte s’entrouvre

Aujourd’hui, j’ai dû trouver une nouvelle couleur pour mon suivi de recherche d’éditeurs.

Je m’explique : pour chaque roman que je propose à des maisons d’édition, je crée un fichier avec un tableau listant les contacts pris. C’est indispensable quand la recherche s’étale sur de longs mois. Un éditeur peut mettre entre un mois et un an – voire plus – à répondre à une proposition de manuscrit. Quand il répond.

Donc j’ai une liste qui répertorie les contacts, les dates, le canal que j’ai utilisé pour échanger avec ces maisons (site internet, boîte mail générique et, si j’ai de la chance, le contact d’une vraie personne).

Jusqu’à présent, ce fichier comportait des lignes avec fond blanc pour les envois en attente de réponse. Et des lignes avec fond gris pour les refus : refus type ; délai dépassé impliquant l’absence de réponse et un refus implicite ; et dans quelques cas le meilleur, un refus détaillé ou au moins personnalisé, allant plus loin que le classique « votre ouvrage ne colle pas avec notre ligne éditoriale ».

Parfois, cerise sur le gâteau : on m’encourageait à reproposer d’autres textes.

Cette semaine, j’ai reçu encore un autre type de réponse. Pas un « oui », pas encore. Mais une réponse qui m’a donné envie de trouver une autre couleur pour mon suivi. Parce que c’est une nouvelle étape que je franchis en la recevant. Ce mail dit quelque chose comme : « c’est non pour telles et telles raisons, mais si vous retravaillez le manuscrit, n’hésitez pas à nous le renvoyer ».

Ça n’a l’air de rien, et pourtant ça change tout. Ce n’est plus une porte qui se ferme, qu’elle soit claquée ou fermée avec douceur. C’est plus que cette porte fermée avec un écriteau qui dit « essayez par la porte suivante ». C’est carrément une porte laissée entrouverte. Il y a un peu de lumière qui filtre à travers.

Bon d’accord, ce n’est pas encore un oui. Si ça se trouve, ça ne donnera rien. Mais vous savez quoi, je suis curieuse. Je veux savoir ce qui se trouve derrière cette porte.

Et qui sait, peut-être le saurez-vous aussi un jour !

Crédit : Kamil Feczko sur Unsplash