Le Salon du livre de Verrières-le-Buisson

Une fois n’est pas coutume, je vais vous faire un compte-rendu du salon du livre auquel j’ai participé dimanche dernier, et dont c’était la première édition : le salon du livre jeunesse de Verrières-le-Buisson (91). L’occasion de vous parler des ingrédients qu’il faut réunir pour faire d’un salon une réussite.

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Premier ingrédient du succès : une belle affiche

L’ÉQUIPE ORGANISATRICE DERRIÈRE LE SALON

Cet événement est organisé pour la première fois, par l’association V2I (Verrières Informations Initiatives), qui gère de nombreux événements sur la ville, notamment une rencontre des saveurs en juin et le marché de Noël.

Voilà déjà un premier bon signe pour ce salon : l’existence d’une expérience de l’organisation d’événements, ainsi qu’un public connaissant la qualité de ces événements et donc déjà fidélisé.

LA COMMUNICATION AVANT LE SALON

La communication de V2I autour de ce salon du livre est celle qui se monte habituellement autour de ce genre d’événement : publication dans le journal de la commune, sur les réseaux sociaux…

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De jolis graphismes qui déclinent l’affiche et habillent le salon (panonceaux, badges…)

Mais cette communication a fait mouche, au vu du nombre de visiteurs. Je pense que c’est justement par la présence d’un public qui apprécie les événements organisés par V2I.

LES LIEUX

Le salon se déroulait sur deux jours, mais j’avais déjà un engagement le samedi et n’ai pu me rendre à Verrières que le dimanche.

Arrivée avec armes et bagages (comprendre : cartons de livres, illustrations, stickers et cartes de visite), je m’installe dans une salle presque déserte, et peux faire un premier tour d’horizon.

L’image contient peut-être : une personne ou plus et personnes assises
Livres, espace et lumière, tout invite à la lecture

Grande, lumineuse, les tables de dédicace en forment le point central, tandis que des coins et recoins sont aménagés le long des murs pour accueillir diverses animations.

La buvette est bien en vue, on m’invite d’ailleurs à y aller à volonté (miam !). Bien sûr, je n’en ai pas abusé, question de civilité (les gourmandises maison servent aussi à alimenter les caisses de V2I) et de ligne…^^ Mais je me suis laissée tenter par un délicieux cupcake au Kinder Bueno, un dessert mangé après l’atelier d’écriture que j’ai animé l’après-midi.

DES ANIMATIONS POUR PONCTUER LA JOURNÉE

Pour attirer les visiteurs, V2I a trouvé le bon dosage entre auteur·e·s en dédicace et animations diverses et variées, pour occuper les jeunes et les moins jeunes :

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Demandez le programme !

Toutes ces animations, éparpillées sur les contours de la salle, se sont déroulées en bonne intelligence : le coin jeux respectait les petits lecteurs confortablement assis sur leurs coussins (juste devant moi, une terrible tentation pour une dévoreuse de livres…) ; l’éveil musical gardait un niveau sonore acceptable et rythmait les discussions avec les visiteurs (sans parler de mettre l’ambiance… j’avoue, je me suis déhanchée sur le Rock’n Roll des gallinacés, même pas honte !).

UN DÉLICIEUX REPAS À MIDI, AVEC DE DÉLICIEUX CONVIVES

Je crois que ça ne vous a pas échappé, j’aime bien manger ^^ Et le bon repas se définit pour moi par de bons plats dégustés dans un moment de convivialité. La photo ci-après ne laisse pas de doute sur ces deux points…

L’image contient peut-être : 6 personnes, personnes souriantes, personnes assises, table, nourriture et plein air
Miam !

Mention spéciale à mes deux voisines de dédicace, deux auteures que je découvre et que j’espère bien croiser sur d’autres salons : Sophie Noël et Aurélie Rodriguez, dont je dévore actuellement les romans ^^ (oui, j’ai enfreint ma règle d’or et acheté plein de livres sur ce salon).

RENCONTRES EN ATELIER

Comme l’indique le programme ci-dessus, j’ai eu la joie d’animer un atelier d’écriture sur le thème « Rencontres », à destination des adolescents. Huit d’entre eux ont donc passé deux heures avec moi, et nous avons chacun travaillé à l’écriture d’une histoire sur ce thème.

Je me suis régalée ! Partager cette passion de l’écriture, les voir réfléchir à la bonne façon de mettre en mots une histoire et des images, découvrir techniques et astuces… J’espère que les petites graines ainsi semées germeront !

Quelques-uns d’entre eux ont accepté que soit publié un passage de leur écrit, voici donc un florilège pour clôturer ce long article :

Ce qu’il vit le choqua : tout le bas de l’avion était infecté de moisissures vertes et d’une poussière écoeurante. (Éloi)

Tout est noir. Nous sommes deux anges, deux anges tombés en enfer. (Arthur)

Je ferai tout pour détruire Koda et le berceau de Nemesis. (Heaven)

À cet instant, une violente envie de vomir me submerge. De profondes entailles marquent sa chair. (Éléa)

Le long silence qui suivit fut soudain troublé par un froissement d’ailes, et une corneille prit son envol dans le ciel grisâtre. (Hélène)

Cela fait deux ans que je sors avec Chloé. Elle est super craquante avec ses longs cheveux blonds et ses yeux vert noisette. (Maëlle)

Bref, vous l’aurez compris, j’ai passé une excellente journée au sein de ce salon. Mon seul regret est de ne pas avoir pris une photo de l’équipe organisatrice, trublions de la bonne humeur, femmes et hommes de l’ombre, qui travaillent en coulisse, s’épaulent, et terminent la journée comme ils·elles l’ont commencée : avec un grand sourire et un mot gentil pour chacun.

(ça se voit que j’ai envie d’emménager à Verrières-le-Buisson ?)

Encore un grand merci à vous, Emmanuelle, Bénédicte, Jacques, Michel, Jackie, Nadine, Morgane, je suis partante pour les prochaines éditions, comme vous devez vous en douter !

 

Crédit images : V2I

 

 

Brève de salon 03/02/18

Parfois, au cours d’une dédicace en librairie ou d’un salon, je saisis au vol des échanges, petites répliques bien senties ou phrases mémorables.

Clara des tempêtes

Mon voisin de table, Daniel Pagès, tend un de ses romans, Clara des Tempêtes, à une lectrice potentielle :

– Ah mais celui-là, on l’a déjà en deux exemplaires à la maison !

Daniel, étonné :

– Comment ça, en deux exemplaires ?

– Ben oui, j’étais en pleine lecture et ma sœur mourait d’envie de le lire en même temps, alors on en a racheté un.

Apparemment, la troisième petite sœur a lu l’exemplaire de l’aînée. Quand même ^^

Illustration d’Auriane Laïly

 

Autour du livre 4 – le salon du livre

Ce mois-ci, je voudrais vous parler de tout ce qui se passe avant que vous ne teniez un roman entre vos mains. Nous allons faire un tour de la chaîne du livre. Ou plutôt, d’une chaîne du livre, car il existe plusieurs circuits. 

Pour terminer cette série d’articles et boucler la chaîne, je passe la parole à Marie-Hélène Landragin, qui organise le salon du livre de Somain (59), ou plutôt « les » salons, un salon du livre « tous publics » le week-end, et un salon « petite enfance le mercredi qui précède. Tout cela, la première semaine de décembre (la semaine prochaine, donc, si vous suivez bien !).

SALON 2016

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Combien de personnes compte l’équipe organisatrice ?

La structure porteuse est la municipalité (et son CCAS pour le salon petite enfance).

Concernant l’organisation générale du salon du weekend (contacts avec les auteurs et les maisons d’édition, élaboration de la communication, mise en place du concours de nouvelles, du comité de lecture, commande des repas, de l’hôtel, contacts avec les écoles, confection du recueil de nouvelles….), c’est du ressort de Marie-Hélène LANDRAGIN (moi-même ☺), qui travaille au sein du service événementiel.

Pour l’installation de la salle, ce sont trois personnes du Centre Technique Municipal et moi-même.

Le « grand jour », j’ai, en renfort, avec moi, la dame de service de la salle, une collègue de la mairie et la bibliothécaire.

Pour l’organisation du salon petite enfance, viennent s’ajouter les structures du CCAS (Centre Communal d’Action Sociale) de la Ville : Crèche municipale, Ludothèque municipale et Centre Socioculturel municipal.

Comment est financé le salon ?

C’est la municipalité qui finance intégralement le salon. De 2011 à 2015, nous avions reçu une petite subvention du Conseil Départemental, mais plus depuis.

Pour information, les auteurs ne paient pas d’emplacement sur le salon. De plus, nous offrons repas du midi et hôtel. Et l’entrée est gratuite pour le public.

Qu’est-ce qu’il y a au programme de ce salon ?

Il y a d’abord un concours de nouvelles fantastiques lancé en début d’année. Les candidats doivent écrire une nouvelle à partir d’une photo et nous l’envoyer avant le 15 septembre. Il y a trois catégories d’âge (10-14 ans, 15-17 ans et adulte). Les résultats sont ensuite annoncés lors de l’inauguration du salon du livre. Les trois premiers de chaque catégorie reçoivent un cadeau offert par la municipalité et leur nouvelle est publiée dans un recueil écrit et édité par le service événementiel de la Mairie.

Lorsqu’un auteur s’inscrit au salon, il peut concourir aux prix littéraires de la ville en envoyant un de ses livres. Un comité se réunit une première fois en juin pour découvrir les livres, puis entame leurs lectures juste après. Enfin, ils se réunissent une seconde fois début novembre pour élire les premiers prix en catégories enfance, jeunesse et adulte, ainsi que le coup de cœur Fantastique du jury.

Dans le cadre du salon, nous demandons également aux auteurs s’ils veulent bien intervenir gracieusement dans les écoles de la ville. En général, une vingtaine d’entre eux s’inscrivent dans la démarche. Sont alors concernés les quatre écoles primaires de la ville, les deux collèges et le lycée publics. Les interventions en milieu scolaire se font en général dans la semaine qui précède le salon.

D’autres animations ont lieu pendant le salon petite enfance. Elles sont mises en place par nos structures partenaires (Crèche municipale, Ludothèque municipale et Centre Socioculturel municipal et Amicale Laïque des Ecoles Publiques de Somain). Au programme : lectures de contes, de kamashibaï, activités manuelles autour du livre, jeux d’éveil… et souvent la présence d’un(e) conteur(se) professionnel(le). Pendant le « grand » salon, chaque personne qui achète un livre se voit remettre un ticket de tombola. Et pendant les 2 jours, nous tirons au sort plusieurs tickets et les participants gagnent un livre. Le samedi, les auteurs et les organisateurs se costument pour le plaisir des plus petits et des plus grands

SALON 2016 - les organisateurs

Une partie de l’équipe organisatrice avec au centre à droite, Marie-Hélène
(tiens, on doit être samedi ^^ )

Quels sont les partenaires du salon ?

La librairie somainoise « La P’tite Récré » est présente pendant tout le salon.

La bibliothèque Jules Mousseron qui se situe sur le territoire de Somain appartient, pour le moment au Comité d’Etablissement SNCF. Elle est en-cours de rachat par la Municipalité. Depuis le début du salon, la bibliothécaire est présente pendant le salon du weekend. Après le rachat, nous envisageons de développer le salon avec des activités au sein de la bibliothèque.

Plusieurs maisons d’éditions s’inscrivent régulièrement au salon et sont des habituées de l’événement. Chaque année, nous en inscrivons des nouvelles.

Tous les écoles, collèges et lycée publics de la ville sont partenaires de l’événement. Chaque année, l’école primaire Barbusse de Somain présente même un stand le samedi.

Tu dois mener ton année tambour battant pour que tout soit prêt à temps le jour J ! Tu peux nous donner une idée de ton calendrier ?

De février à mai : inscriptions des auteurs et des maisons d’édition

En juin : choix des auteurs par le comité ; élaboration de la communication

Fin juin : première réunion du comité de lecture

Juillet/août : élaboration du catalogue papier puis impression ; inscriptions des auteurs et de leurs biographie et bibliographie sur le site internet du salon

Début septembre : lancement de la communication (envois d’affiches, de flyers, pages Facebook de la ville, annonce sur le site internet de la ville, annonce dans le journal communal « La Vie Somainoise »

Septembre à décembre : préparation technique du salon (plan, réservations hôtels, repas,…) ; relations à établir entre les auteurs et les établissements scolaires

Fin octobre : réunions avec le jury pour le concours de nouvelles, puis avec le comité de lecture pour les prix littéraires.

Début novembre : frappe, mise en page et impression du recueil de nouvelles ; choix et commande des cadeaux aux auteurs primés et aux lauréats du concours de nouvelles ; élaboration de diplômes pour les gagnants et tous les participants du concours.

Semaine du salon : derniers préparatifs et installation du salon.

Comment sont choisis les exposants ?

Les auteurs et maisons d’édition s’inscrivent auprès du service événementiel de la Mairie entre février et mai. Les demandes sont ensuite soumises à un comité.

Les auteurs ou maisons d’édition qui souhaitent revenir l’année suivante doivent proposer une ou des nouveautés.

Il n’y a pas de frais d’inscription.

Comment est assurée la promotion du salon ?

Il y a quelques années, faute de site internet officiel de la ville, nous avons créé un site internet dédié au salon. Vous pouvez y retrouver la liste des auteurs et leur biographie, les maisons d’édition avec un lien sur leur site, les affiches et photos des années précédentes… Ce site est mis à jour à partir de juillet/août.

Nous réalisons également des affiches, des flyers et un catalogue des auteurs que nous imprimons nous-même.

La page Facebook « Mairie de Somain – Programme culturel officiel » et celle de M. le Maire annoncent également l’événement.

Une conférence de presse a lieu mi-novembre. Nous travaillons avec la presse locale et régionale. L’événement est également annoncé sur Chérie FM pendant une quinzaine de jours.

Cette année, nous avons mis également une annonce dans le magazine SORTIR Hauts de France (qui vise 400 000 lecteurs par semaine, 90 000 exemplaires, 750 points de dépôts), ainsi que sur leur site internet (500 000 visiteurs par mois). Sa diffusion se déploie sur Lille les 90 communes de la communauté d’agglomération  ainsi que sur toutes les grandes agglomérations Valenciennes et sa communauté d’agglomération, Douai, Béthune, Saint-Amand-les-Eaux, Lens, Liévin, Arras, le Bassin Minier.

SALON 2016 pour la petite enfance

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Eh bien, voilà qui va encore doper la fréquentation de ce salon, qui n’a pas à rougir de son nombre de visiteurs, comme j’ai pu le constater ces trois dernières années. Je ne pourrai pas participer à l’édition 2017, mais je souhaite à mes collègues et aux organisateurs un très bon salon. Et pour finir, un immense merci à Marie-Hélène qui a pris le temps de répondre à mes questions indiscrètes au milieu des derniers préparatifs.

 

La semaine prochaine, je reprendrai le fil plus routinier des articles consacrés à l’écriture en général, en vous expliquant comment je suis devenue une auteure impitoyable… 😉

 

Crédit photos : Salon du livre de Somain

Retrouvez le reste de la série :
Autour du livre 1 – l’auteur·e
Autour du livre 2 – l’illustratrice
Autour du livre 3 – la maison d’édition

Parenthèses enchantées

Ces dernières semaines, j’ai pu participer à deux salons du livre en tant qu’auteure. Plutôt qu’un classique compte-rendu de mon vécu « avant-pendant-après », je voudrais vous parler des parenthèses enchantées que je vis parfois au cours de ce genre d’événements.

Parenthèses enchantées ? Quoi qu’est-ce ?

Je ne vais pas vous mentir. L’image que je me faisais de l’auteur·e en dédicace est loin, très loin de la réalité. Point de file d’attente devant son stand. Point de crampe à force de dédicacer à tout va pendant toute une journée. Point de montagne de petits cadeaux apportés par les fans en délire. Non, je n’ai pas besoin d’une brouette pour rapporter mes souvenirs glanés au cours d’un de ces événements.

Quand on est un·e auteur·e encore à découvrir, les salons, ce sont de longues périodes d’attente, des moments un peu frénétiques où vous vous efforcez de présenter votre roman de façon claire et attractive à des visiteurs qui vont découvrir un grand nombre d’autres œuvres au cours de la demi-heure suivante, beaucoup de discussions avec vos collègues de dédicace et parfois, des parenthèses enchantées, qui font le sel de ces journées.

 

Une parenthèse enchantée, ça peut être ce moment magique où le visiteur se transforme en futur lecteur. Vous lui avez pitché votre histoire, l’étincelle s’allume dans son regard : il veut savoir la suite. C’est particulièrement savoureux avec les enfants. Et le meilleur, c’est quand vous ne vous y attendez plus. Ils sont très forts pour ça. Et que je me la joue blasé ; et que j’ai l’air d’écouter d’une oreille ; et puis, quand Maman ou Papa me demande si je suis intéressé, je hoche la tête très vite d’un air gourmand…

À Monte-Cristo, cette année, j’ai connu un de ces moments uniques et délicieux. Une petite fille, accompagnée de ses parents, vient voir ce qu’il y a sur ma table. Toute frêle, elle semble trop jeune pour lire de tels pavés, (mais l’expérience m’a appris qu’il ne faut pas juger un livre à sa couverture (hu hu hu… même pas honte !)). Comme à mon habitude, j’explique à grands traits la situation initiale du premier tome, présente mes quatre héros puis ajoute une petite phrase sur ce qui se passe dans les deuxième et troisième tomes.

Et là, surprise : elle veut lire le deuxième tome. Non, pas après avoir lu le premier, elle veut commencer par le milieu. Le père me sourit, sa fille a l’habitude de lire dans le désordre, elle n’a pas trop le choix avec la bibliothèque de la commune qui possède des séries incomplètes… Amusée, je lui dédicace donc les Sphères de Kumari, soulagée d’avoir mis un résumé du premier tome au début. Elle repart avec son butin sous le bras (et un mail reçu une semaine après me confirme qu’elle l’a lu… et a maintenant envie de lire le premier tome 😉 ).

 

Une parenthèse enchantée peut aussi survenir au cours d’une discussion avec votre voisine de table, un fou rire partagé pour tout et rien (souvent cette météo peu clémente ou ce visiteur à peine poli). Je crois qu’il n’y a qu’en salon qu’on peut ainsi nouer des relations de quelques heures, complicité inattendue, confidences qu’on n’aurait jamais faites à cette personne si nous ne nous étions pas retrouvées l’espace d’un jour ou deux attablés côte à côte. Découverte d’un confrère, d’une consœur, qui vit son écriture d’une manière très personnelle et pourtant, si semblable à la vôtre.

 

Ce peut aussi être la petite minute de mise en lumière à laquelle vous ne vous attendiez pas. Au salon de Moret-sur-Loing, se déroule en fin de journée une remise de prix. Le Rotary, qui organise l’événement, décerne en tout huit prix (oui, ça fait beaucoup, je trouve aussi). Ma table de dédicace fait face à l’estrade, je peux observer sans risque de torticolis le défilé de confrères et consœurs récompensés. Au fur et à mesure, je note que certains sont peut-être plus habitués que d’autres à l’exercice. J’apprécie le discours saccadé, avec des larmes dans la voix, bien plus que celui d’une clarté médicale (et pour cause… nombre de lauréats sont aussi médecins), dénué d’émotion.

À la fin, l’organisateur des jurys dit quelques mots. Rappelle qu’il y a eu beaucoup de candidats, que les jurys ont eu du mal à les départager. Qu’il faut persévérer, car certains des romans présentés ont vraiment beaucoup de qualités. Par exemple, La Cité d’argent d’Anaïs La Porte. Il a dû citer deux ou trois autres œuvres après celle-là, mais je n’ai pas entendu, mon cerveau était en pause pour prolonger ce moment.

 

Ces parenthèses, je les collectionne avec soin. Une petite étiquette, une place sur l’étagère dans un coin de mon cerveau, avec un beau spot juste au-dessus. Je les retrouverai dans les moments difficiles, qui surviennent forcément tôt ou tard : quand la motivation me fuit et que mon travail a besoin d’un aiguillon.

 

Crédit photo : Chrislawton sur Unsplash

Brève de salon 08/10/17

Parfois, au cours d’une dédicace en librairie ou d’un salon, je saisis au vol des échanges, petites répliques bien senties ou phrases mémorables.

À Moret-sur-Loing, au salon du livre dédicacé, à la table voisine de la mienne…

— Bonjour, vous connaissez Rosa Bonheur [une peintre animalière du 19ème siècle] ? J’ai écrit sa biographie… Vous l’avez déjà ? Sinon, je vends du fromage. Pour deux tommes achetées, j’offre un livre !

[petite explication : en parallèle du salon, cette auteure proposait des fromages d’un petit producteur des Alpes. Malvoyant, elle s’efforce de l’aider à se faire connaître et à écouler ses produits, dont elle ramène un bon stock sur Paris dès qu’elle en a l’occasion. Un bel exemple de solidarité inter-régions !]

Crédit photo : Alexander Maasch sur Unsplash

Brève de salon 01/10/17

Parfois, au cours d’une dédicace en librairie ou d’un salon, je saisis au vol des échanges, petites répliques bien senties ou phrases mémorables.

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Par exemple, le 1er octobre 2017 au pied du château de Monte-Cristo…

Une maman demande à son enfant, nouveau lecteur en train de feuilleter un premier pavé avec gourmandise :

— Si je l’achète, tu le liras, hein ?

(avec aplomb) Non.

(décontenancée) Non ?

(avec un grand sourire) Tu me le liras.

 

Crédit photo : Pezibear sur Pixabay