La date limite

Écrire sans date limite peut conduire à la procrastination… Tant qu’on n’a pas un éditeur qui attend de pied ferme le manuscrit, ou qu’on ne s’est pas engagé d’une manière ou d’une autre, on peut repousser le mot « fin » indéfiniment. Heureusement, des solutions existent pour se motiver. Par exemple, le NaNoWriMo et les 24 heures de la nouvelle.

NANOWRIMO, QUOI QU’EST-CE ?

Cet événement à l’origine créé aux États-Unis, se passe au mois de novembre, son nom complet est : National Novel Writing Month (qu’on peut traduire par « mois national de l’écriture de roman »). Toute personne souhaitant écrire peut se lancer dans ce défi qui, à la base, consiste à écrire 50 000 mots pendant les trente jours de novembre.

Ce rassemblement a pris de l’ampleur, s’exportant un peu partout dans le monde. Désormais, chaque mois de novembre est l’occasion pour ceux qui écrivent de travailler de concert, d’échanger sur des forums autour de leurs avancées, de s’encourager mutuellement à coups de word wars (en gros, une course au nombre de mots écrits en un temps réduit).

Bien sûr, ça ne dispense pas ces auteurs d’écrire le reste de l’année. Disons qu’ils aiment ce mois de novembre à cause de l’atmosphère, du défi, de l’envie d’écrire vite. Tout en admettant que le roman ainsi terminé ne sera pas forcément « bien » écrit, car rédigé dans l’urgence. D’un autre côté, le premier jet aura au moins été terminé, ce qui représente déjà une grande avancée.

Bon ok, mais tout ça, c’est en novembre, pourquoi j’en parle maintenant ? Parce que le mois de novembre ne suffisait pas aux scribouillards ! Le concept s’est étendu et on parle désormais de « Camp NaNo » pour les mois d’avril et de juillet. Oui, oui, avril comme maintenant. Actuellement, de par le monde, des gens s’escriment à pondre leurs 1 667 mots par jour, vérifient leur compteur de mots à chaque séance, se lancent à cœur perdu dans l’écriture.

Certains sont des « NaNo-rebelles », ils écrivent mais pas un premier jet, ou pas un roman, ou plusieurs, ou la moitié. L’important, comme dit la sagesse populaire, c’est de participer.

Ou pas ! J’ai tenté l’expérience deux fois, mais je n’ai jamais réussi à tenir. Tout simplement parce que mon énergie d’écriture n’est pas très flexible, elle s’installe quand elle en a envie et a horreur des périodes imposées. Le bon moment d’écrire est plus important pour moi que le challenge du « un roman en un mois ». Mais pour savoir si le NaNo peut vous convenir, il faut tester, et voir ce que ça donne.

 

24 HEURES, UNE NOUVELLE

Et pour ceux qui n’ont pas un mois pour écrire ? Et pour ceux qui écrivent des nouvelles, pas des romans ?

Justement !

Ce week-end, pour la sixième année consécutive, le défi des 24 heures de la nouvelle revient. Qu’est-ce que c’est que cette autre trouvaille ?

Là encore, des auteurs se lancent un défi : écrire, suivant une contrainte tirée au sort, une nouvelle en 24 heures. Cette année, les 24 heures courent de samedi 7 avril 14 heures à dimanche 8 13h59. Il est encore temps de s’inscrire !

C’est, comme pour le NaNo, l’occasion de se lancer un défi, un peu plus simple, et tout aussi productif. J’ai participé avec grand plaisir à plusieurs éditions, mais depuis l’année dernière, je n’ai pas pu retenter. Cette année, les 24 heures tombent pour moi en plein milieu d’un marathon « salons-famille », donc je n’imagine même pas le tenter… Mais si le concept vous intéresse, pourquoi ne pas vous lancer ?

Bien sûr, on n’est pas obligé de s’inscrire à un NaNo ou aux 24 heures pour terminer un texte, mais je crois que l’aventure mérite de se tenter au moins une fois, ne serait-ce que pour voir si le fonctionnement de ces défis nous parle.

 

Il me semble que la meilleure façon de progresser en écriture, c’est de tester, ne jamais s’enfermer dans une méthode de travail unique. Se lancer dans le NaNo ou les 24 heures, c’est avant tout apprendre à mieux connaître sa propre façon d’écrire. Et qui sait, le texte qui en sortira pourrait bien vous surprendre !

 

Crédit photo : Eduardo Olszewski sur Unsplash

 

Les Abîmes d’Autremer – Danielle Martinigol

Dans le cadre du Printemps de l’Imaginaire Francophone, voici un retour de lecture sur le roman que j’ai lu dévoré ce mois-ci : Les Abîmes d’Autremer, de Danielle Martinigol.

L’HISTOIRE DERRIÈRE L’HISTOIRE

Cet ouvrage, paru aux Éditions ActuSF sous le label Naos en 2017, reprend en fait l’intégrale d’une trilogie parue à l’origine aux Éditions Mango entre 2001 et 2006, et pour laquelle l’auteure a reçu de nombreux prix (notamment le Grand Prix de l’Imaginaire en 2002).

DE QUOI ÇA PARLE ?

Dans la Confédération des Cent Mondes, Sandiane Ravna, fille d’un grand reporter peu scrupuleux, marche sur les traces de son père à la recherche du scoop à tout prix. Quand elle doit la vie sauve à un Abîme d’Autremer, l’un des mystérieux vaisseaux spatiaux de la planète-océan, elle se met au défi de filmer en action un perl, un pilote d’Abîme. Mais elle se heurte à Mél Maguelonne, futur pilote lui-même et farouche adversaire des médias comme tous les Autremeriens.

Le début d’une folle aventure qui va bouleverser sa vie, comme celle des milliards d’habitants de la Confédération.

À lire si vous aimez :

  • le space-opera
  • l’océan
  • les rencontres du troisième type loin des clichés

Vous n’y trouverez pas :

  • de grandes batailles (sauf un peu dans la troisième partie)
  • des personnages très complexes
  • un style complexe

MON AVIS

Difficile de parler de cette lecture sans en divulgâcher trop…

Cette lecture m’a emportée dans un univers original, cohérent dans sa simplicité, qui laisse rêveur. Si vous savez où se trouve cette planète-océan, j’achète mon billet illico !

C’est une belle découverte, un roman qui se laisse dévorer en quelques jours, facile d’abord pour la jeunesse, mais avec une réflexion sur la relation aux autres et le pouvoir des médias, qui parlera à tous les âges.

Ce roman n’est pas un coup de cœur car il a manqué à mon goût d’un peu de profondeur dans ses personnages, qui restent assez manichéens dans leurs rapports, avec les « méchants » et les « gentils » bien identifiés, encore que la distinction s’atténue dans la dernière partie.

PRINTEMPS DE L’IMAGINAIRE FRANCOPHONE

Je vous expliquais dans cet article que je participais, avec cette lecture (et d’autres) au « PIF ». Le PIF comporte une quinzaine de défis, que cette lecture me permet de valider pour partie :

10. Lire un récit avec une héroïne

12. Lire une suite de série

13. Terminer une série

 

À bientôt pour la lecture suivante (déjà achevée en réalité, j’ai pris de l’avance) : Les Baleines célestes, d’Élodie Serrano.

Clavier ou stylo ?

L’outil de base de tout·e auteur·e : l’objet qui lui permet d’écrire. Clavier ou stylo ? Écran ou cahier ? Tout, vous saurez tout sur… mes manies d’écriture !

A person typing on a MacBook keyboard with a book and a smartphone next to it

J’ai commencé à écrire « à l’ancienne », avec un stylo et un cahier. Normal, j’avais huit ans! À l’époque, je démarrais des tas d’histoires qui s’arrêtaient au bout de quelques pages, faute d’idées pour continuer. Mon grand-père m’a refilé une machine à écrire. J’adorais tapoter pour le vacarme qu’elle produisait, sans pour autant l’utiliser pour mes histoires.

Puis j’ai terminé un roman (bien plus tard). Je l’ai transcrit sur ordinateur. Avec ma frappe de l’époque, je vous laisse imaginer le temps que ça m’a pris (seuls deux doigts sur les dix servaient vraiment alors ^^ ).

Ensuite, le stylo et le clavier se sont souvent partagé le terrain : j’initiais l’histoire sur le papier, la terminais sur l’écran. Il ne s’agissait à chaque fois que de contes ou de nouvelles, des textes courts. Toujours, les romans m’échappaient, leur intrigue trop insaisissable pour être déposée sur un support ou un autre.

Puis j’ai décidé d’écrire « pour de vrai ». M’y mettre sérieusement, pour la première fois de ma vie (27 ans, il n’est jamais trop tard pour bien faire). Je savais que j’avais du mal à tenir sur la durée. Je voulais que mon histoire s’écoule de manière disciplinée. J’ai pris un de ces jolis carnets à spirales qu’on achète parfois à la sortie d’un musée, sans trop savoir pourquoi. Un carnet qui me suivait depuis des lustres, toujours inutilisé. Armée d’un stylo, j’ai écrit. Me suis un peu forcée. Le roman a coulé avec l’encre, jusqu’au mot « fin ».

Grâce à un stylo et un carnet, j’avais enfin surmonté mon bloquage du second acte, dépassé la peur du « et il se passe quoi après ? ». Bien sûr, j’ai ensuite retapé tout ça, opérant au passage une première phase de corrections.

Enhardie par ce succès, j’ai appliqué la même méthode au roman suivant. Mais pas à celui d’après! Le clavier, avec ses facilités, prenait la place du stylo, petit à petit. Ma pensée allait trop vite, il me fallait deux mains plutôt qu’une pour noter tous ces mots qui s’en échappaient à la volée.

Trois romans et demi plus tard…

À force de progresser, de me documenter, l’écriture est devenu une méthode, une procédure. J’ai des logiciels dans tous les sens, l’impression que ma route d’auteure est complètement balisée.

Le dernier roman de ma saga patine, pour mille et une raisons. Je regarde avec envie mon stylo et ma réserve de cahier…

Dans un tout autre pan de ma vie, je suis inscrite à un concours et dois passer un écrit en juin. Quatre heures à travailler à l’ancienne, papier et stylo pour seuls outils. Je dois remuscler ma main, réhabituer mon cerveau à travailler de cette manière : le papier n’offre pas de seconde chance, d’espace de correction, il faut ordonner son propos avant de le laisser sortir de ses mains.

Et si je m’entraînais avec ce roman noyé dans la semoule? Ni une ni deux. Je m’achète un grand cahier (oui, parce que vous comprenez, les pages A5 c’est pas pratique, et puis là j’ai de la place pour écrire, c’est plus confortable pour le poignet… ok, j’avais juste le nez accroché au rayon papeterie, même pas honte).

Le roman balisé, à l’avenir tout tracé, ennuyeux quoi, s’envole dans une grande bouffée d’air frais tout droit venue du large. Line, Léonie, Maël et Owen me regardent d’un air satisfait :

— Ben tu vois, c’était pas si compliqué !

Mon poignet s’aguerrit, ma bosse de l’écrivain, celle qui avait disparu après la fin de mes études (vous savez, ce cal qu’on attrape au majeur à force d’y poser le stylo), ma bosse de l’écrivain renaît.

Je vous laisse, mon cahier adoré m’attend…

 

Crédit photo : Juliette Leufke sur Unsplash

 

Brève de salon 03/02/18

Parfois, au cours d’une dédicace en librairie ou d’un salon, je saisis au vol des échanges, petites répliques bien senties ou phrases mémorables.

Clara des tempêtes

Mon voisin de table, Daniel Pagès, tend un de ses romans, Clara des Tempêtes, à une lectrice potentielle :

– Ah mais celui-là, on l’a déjà en deux exemplaires à la maison !

Daniel, étonné :

– Comment ça, en deux exemplaires ?

– Ben oui, j’étais en pleine lecture et ma sœur mourait d’envie de le lire en même temps, alors on en a racheté un.

Apparemment, la troisième petite sœur a lu l’exemplaire de l’aînée. Quand même ^^

Illustration d’Auriane Laïly

 

Trois œuvres qui ont inspiré Les Puissances de Nilgir

Alors que je replonge dans les Puissances de Nilgir et que je concocte les dernières aventures de Line et compagnie, je voulais vous parler de trois œuvres (un roman, un film et un album de musique) qui, par leur esthétique, leur ambiance, ont semé les graines de cet univers dans mon esprit.

Le Plus délicieux des délices, Natalie Babitt

Couverture du livre : Le Plus délicieux des délices

Quatrième de couverture

Dans cet étrange royaume, le messager du roi a douze ans. Et sa mission est plus étrange encore. Il s’agit d’enquêter, auprès des sujets de sa majesté, pour connaître leur opinion sur une question de la plus haute importance : quel est, à leur avis, le suprême délice ? Le mets choisi doit figurer au mot « délice » dans le nouveau dictionnaire. L’affaire est grave.
L’enquête que mène Gaylen, le jeune garçon, l’entraîne dans un monde mystérieux, peuplé de créatures de légende…

J’ai découvert ce roman dans la bibliothèque près de ma maison d’enfance. Je devais être en primaire ou au début du collège. Je suis à peu près sûre que c’est le premier roman de fantasy que j’aie jamais lu, et je l’ai dévoré. Cet univers avec ses créatures fantastiques m’a marquée, et les nains de ma propre saga lui doivent beaucoup.

L’autre jour, prise de nostalgie, j’ai déniché une version d’occasion sur le Net, que j’ai dévorée. Le plaisir est intact, même si j’ai quelques années de plus…

Princess bride, Rob Reiner

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Résumé

Cloué au lit par la grippe, un petit garçon accepte à contrecoeur que son grand-père lui raconte une histoire de princesse… Il était une fois, au pays de Florin, la Princesse Bouton d’Or, qui réalisa un beau jour que Wesley, son palefrenier, était amoureux d’elle, et qu’elle éprouvait le même sentiment à son égard. Hélas, Wesley s’embarqua pour aller faire fortune. Au bout de cinq ans, sans nouvelle de son amour, Bouton d’Or accepta d’épouser le redoutable prince Humperdick…

Bonjour. Je m’appelle Inigo Montoya. Tu as tué mon père. Prépare-toi à mourir !

Ah là là, rien que de citer cette réplique-culte, j’en ai des frissons. Je sais, c’est un film au format conte de fées, avec une histoire d’amour un peu cucul (encore que…), mais tout ce qu’il y a autour m’emporte à chaque visionnage : les personnages bien campés, pas pour autant clichés, la géographie (les Falaises de la démence, quoi !), les rebondissements, la cape ignifuge…

(Tiens, je sais ce que je vais me regarder ce week-end !)

Aventine, Agnes Obel

Aventine

Cette fois, il ne s’agit pas d’une découverte faite avant l’écriture de la saga, mais plutôt d’un album qui a accompagné le premier jet (et les corrections) du troisième tome des Puissances de Nilgir.

J’aime écrire en musique. Souvent, j’ai une playlist dédiée au projet en cours. Pour La Cité d’argent, j’écoutais Aventine en boucle (tout particulièrement pour le passage dans le Manoir d’Aube et la Forêt de Millefeuilles). Le fait de connaître la musique par coeur me permet de me concentrer sur les mots, tout en me laissant porter par les notes.

Je n’ai pas encore trouvé « l’identité musicale » de la Forteresse de Gemme (mon tome 4, donc), mais j’y travaille…