Le Printemps de l’Imaginaire Francophone 2018

Vous l’avez peut-être compris, je suis un rat de bibliothèque. Et c’est peu dire. D’ailleurs, dès que ma PAL (Pile À Lire) diminue trop, j’angoisse, je dors mal, il me FAUT la remplir à nouveau… Et depuis que j’ai une liseuse, j’ai deux endroits dans ma maison où piocher un bouquin, voire admirer une pile de livres (même virtuels, que c’est beau !).

Ça ne m’arrive pas (ou très peu) de ne rien avoir à lire. Et j’aime beaucoup partager mon ressenti sur ce que je (re)découvre, sauf que je n’ai jamais pris le temps de le faire depuis bientôt six mois que j’ai ouvert ce blog, la honte !

Pour me discipliner et parler de mes lectures, tout en ajoutant un côté ludique, je me suis inscrite à un défi de lecture : le Printemps de l’Imaginaire Francophone., que j’ai découvert grâce aux blogs de Colcoriane et Nathalie Bagadey, dont je lis les articles avec assiduité 🙂

Il s’agit de l’initiative d’un blog, Monde Fantasy, dans le but de parler et promouvoir la littérature de l’imaginaire francophone. Celle qu’on ne trouve pas (ou rarement) mise en avant dans les rayons des grandes librairies. Celle que les grands éditeurs français rechignent à publier, non pas en raison d’une qualité médiocre, mais parce qu’elle n’a pas « fait ses preuves » sur un marché à grande diffusion comme le marché anglo-saxon (globalisation, nous voilà !).

L’idée est donc de lire, entre le 1er mars et le 1er juin, un maximum de livres dans les genres de l’imaginaire (science-fiction, fantastique, fantasy) écrits en français à l’origine, et d’en parler, que ce soit sur les réseaux sociaux, sur son blog, dans la vraie vie, etc.

On s’inscrit sur le blog qui a lancé l’événement, en choisissant un niveau de défi, en fonction du nombre de livres qu’on compte lire pendant la période du défi. En ce qui me concerne, sachant que je vais avoir un printemps très studieux (préparation d’un concours), je ne pourrai pas dévorer autant de romans que je le voudrais; Je m’inscris donc avec un objectif raisonnable : trois livres (je suis une Sorcière vagabonde ! Car oui, le petit plus, ce sont les noms des niveaux, imagés et rigolos).

Les trois livres que je pense terminer pendant ces trois mois sont :

  • Les Abîmes d’Autremer, de Danielle Martinigol, aux Éditions ActuSF

Couverture du livre : Les Abîmes d'Autremer, Intégrale

  • Les Baleines célestes, d’Élodie Serrano, aux Éditions Plume Blanche

  • Les Aériens, de Marie-Catherine Daniel, aux Éditions Sarbacane

Couverture du livre : Les Aériens

Pour renforcer le côté ludique, il faut tenter de respecter 15 contraintes lors du choix des romans. Personnellement, j’ai simplement pioché celles correspondant à des romans de ma PAL. Ce que je vais cocher avec ces trois livres sont :

4) Lire un livre en rapport avec le vent ou l’air (dans le titre ou le contenu) [parce que l’air est l’élément du printemps] : les Aériens

9) Lire un livre d’une petite maison d’édition : les Baleines et les Abîmes

11) Ne lire que des récits écrits par des autrices

12 et 13) Lire une suite de série et Terminer une série : les Abîmes rassemblent en fait une trilogie

Si j’arrive à terminer ces trois livres, j’en ai encore pas mal en réserve respectant mes « conditions de base » : SFFF, francophone, autrice.

Voilà, je suis dans les startings blocks… En vrai, j’ai un peu déjà commencé le premier, mais je l’ai remis à plus tard en découvrant ce challenge. En attendant, je termine une énième relecture des Deux tours de J.R.R. Tolkien.

Je ferai un bilan à la fin de chaque mois de mes avancées, avec au passage un petit retour de lecture.

Et vous, que diriez-vous de vous lancer dans ce défi ?

 

Pourquoi j’écris de la SFF ?

Non, il n’y a pas de F en trop : on désigne habituellement par l’acronyme « SFFF » les littératures dites de l’imaginaire (science-fiction, fantasy, fantastique), mais comme je n’écris pas de fantastique, je l’ai un peu adapté.

Pour commencer, je voudrais vous souhaiter une très bonne année 2018, avec la santé pour vous et vos proches, plein de projets, et bien sûr, des livres, des livres !

Le week-end dernier, j’ai participé à un atelier d’écriture très intéressant, animé par l’auteur Lionel Davoust (son site), au sein de l’école d’écriture Les Mots, située à côté du quartier latin à Paris.

Au cours de cet atelier, quelqu’un a demandé à Lionel pourquoi il écrivait de la SFFF. Sa réponse faisait écho à celle que j’aurais donnée si on me l’avait posée à cet instant. En résumé, il apprécie les possibilités qu’offre ce changement de cadre, pour au final dépeindre notre société sous un autre angle.

Voilà pourquoi j’écris de la SF, de la fantasy. Enfin, c’est ce que je croyais.

Au cours de l’atelier, nous avions plusieurs exercices d’écriture, autour de contraintes tirées au sort. Compte tenu du temps réduit à ma disposition, j’ai décidé au départ de me concentrer sur le côté technique (dans le cas présent, réfléchir au conflit), sans me soucier du décor. Les personnages, comme initiateurs et/ou moteurs du conflit, devaient forcément être travaillés un minimum, mais je n’avais pas le temps d’aller leur inventer des pouvoirs psychiques improbables ou des planètes exotiques comme arène de leur combat (au sens propre pour le premier exercice).

Au bout du troisième exercice, j’avais le moral dans les chaussettes. Je m’ennuyais en écrivant. Je sortais de chaque séance d’écriture un peu plus morose, parce que les scènes que je pondais étaient un concentré de ce que je vis au quotidien de plus… conflictuel, ha ha, forcément !

J’avais aussi l’impression d’être une espèce de photocopieuse de réalité. Peut-être tout ça n’est-il dû qu’à la première contrainte que j’ai tirée au sort : une piscine… la natation est le seul sport que je pratique, mais j’y suis accro. Donc forcément, ce déclencheur m’a gardée dans le monde réel au lieu de me permettre de m’évader.

Ah, l’évasion, fort beau concept, vous ne trouvez pas ? Eh bien voilà pourquoi j’écris de la SFF : quand j’écris, plus je m’éloigne de mon quotidien, plus je m’éclate. Et plus je m’éclate, plus j’ai envie d’écrire.

La preuve : à la fin de la première journée de cet atelier, j’ai jeté à la poubelle ce que j’avais péniblement écrit et j’ai sorti des cartons un petit projet qui me trotte dans la tête depuis deux ans. Que je ne pourrai écrire que l’année prochaine si tout se passe bien. Ça parle d’un dieu hindou à la retraite. Il a eu son début d’histoire, et je me suis régalée à l’écrire !

 

Crédit photo : David Hieb sur Unsplash