Les Loups chantants – Aurélie Wellenstein

L’autre jour, je vous ai parlé de trois coups de cœur pour lesquels je projetais de rédiger une fiche de lecture séparée. Voici le premier : Les Loups chantants d’Aurélie Wellenstein, parus chez Scrineo.

 

L’HISTOIRE DERRIÈRE L’HISTOIRE

J’ai entendu parler de ce roman pour la première fois dans le cadre des bêta-lectures de CoCyclics, vous savez, ce forum d’auteurs qui permet de travailler ses écrits avec des personnes de confiance.

Je n’ai pas participé à la bêta-lecture, même si j’avais très envie de découvrir ce roman, mais j’ai suivi de loin les échanges à son sujet. J’avais hâte de pouvoir le lire, mais je n’ai pu le faire que deux ans après sa sortie !

DE QUOI ÇA PARLE ?

Yuri appartient à un clan d’éleveurs de rennes. Il vit dans un village entouré par un perpétuel blizzard. Il y a un an, son amour, Asya, a disparu dans la tempête, attirée par les hurlements hypnotiques des loups chantants. Bien que tout le monde la croie morte, le garçon espère qu’elle est toujours en vie, quelque part, de l’autre côté du blizzard.

Un jour, la sœur de Yuri, Kira, contracte un mal étrange ; son corps se couvre de glace. Pour le chaman du clan, la jeune fille est maudite par le dieu de l’hiver ; elle est bannie, et condamnée à s’enfoncer seule dans le blizzard. Mais une amie, Anastasia, rejette farouchement ce verdict surnaturel. Selon elle, il s’agit d’une maladie soignable à la capitale, par la chirurgie.

Déterminés à tout tenter pour sauver Kira, Yuri et Anastasia prennent leurs traîneaux à chiens pour emmener la jeune malade à la capitale. Mais aussitôt partis à travers le blizzard, les loups les prennent en chasse.

 

À lire si vous aimez :

  • les romans au rythme haletant
  • les créatures de fantasy originales, inspirées d’un folklore différent (issu de l’est de l’Europe, pour changer)
  • une immersion totale dans un milieu hostile
  • les personnages déchirés par de forts enjeux

Vous n’y trouverez pas :

  • de violence gratuite
  • de développements très complexes chez les antagonistes

MON AVIS

Au départ, j’ai été un peu surprise de voir quelques éléments « modernes » se raccrocher à cet univers. C’est d’ailleurs ce qui fonctionne moins bien à mon goût dans ce roman, cette tentative de rationaliser les événements, de se rapprocher d’un monde guidé, comme le nôtre, par la technologie.

Heureusement, l’histoire dépasse vite cet aspect pour nous entraîner dans une course à corps perdu dans la neige, à travers les steppes. On fuit avec les trois personnages principaux ces terrifiants loups chantants, on tremble de voir Yuri, le jeune héros, subir la fascination qu’exerce sur lui l’une des louves. Tout ça en grelottant de froid, en ressentant les craquelures de ses lèvres gercées, la faim qui le tenaille…

J’ai pris une claque en lisant ce roman, je l’ai refermé en me disant : quand je serai grande, j’aimerais savoir écrire comme ça. Aurélie a une prose à la fois fluide et riche, très immersive, qui fait appel aux cinq sens. Elle écrit les scènes sans filtre, aborde les sujets les plus durs sans concession. Ses personnages souffrent, et nous avec eux, mais jamais de manière gratuite. Enfin, elle a le don de poser une ambiance, ou de donner un rythme haletant à une histoire. J’ai eu du mal à lâcher le bouquin pendant les jours (peu nombreux) que j’ai mis à le lire.

Je n’ai qu’une hâte, de lire un nouveau roman d’Aurélie ! Et j’ai de la chance, elle a pris plein d’avance sur moi depuis la sortie des Loups, il y en a trois ou quatre que je n’ai pas encore lus…

À très vite pour une autre chronique !

 

Bilan du PIF

Avec l’arrivée du mois de juin, s’achève le Printemps de l’Imaginaire Francophone ou PIF. Avant de reprendre les chroniques individuelles de certaines de mes découvertes, voici un bilan général de mes lectures.

Contrairement à ce que pourraient laisser croire les apparences, je n’ai pas disparu de la surface du globe pour m’exiler sur une planète lointaine. J’ai préféré me concentrer sur certaines activités au mois de mai (l’écriture du quatrième tome des Puissances de Nilgir et la préparation de mon concours), ce qui fait que je n’ai pas pu poser un orteil sur le blog. J’espère retrouver le rythme ce mois-ci, même si je vais devoir commencer par une grosse mise à jour en lectures.

Je vous le rappelle, je m’étais lancée au mois de mars dans le PIF, Printemps de l’Imaginaire Francophone. D’une part, pour tester les « défis de lecture » sur un temps restreint, d’autre part pour profiter du blog pour promouvoir un peu l’imaginaire français.

Avec mon concours et les autres activités qui m’occupent habituellement, mon rythme de lecture a été assez faible ces derniers temps. Raisonnablement, j’avais donc misé sur un petit défi de 6 livres à lire au printemps. J’ai… largement réussi. En fait, j’ai même pulvérisé ce chiffre.

J’en ai profité pour vider ma PAL (Pile à Lire), qui contenait beaucoup beaucoup de choses, en mettant sur le dessus des romans écrits par des auteures francophones (je voulais cocher un des défis du PIF en particulier). Mais j’ai tellement vite lu que j’ai pu continuer au-delà des lectures de romans écrits par des femmes. Au passage, certains romans me sont tombés des mains.

Petit bilan, des lectures préférées aux mal aimées.

 

COUPS DE CŒUR, CHRONIQUES À VENIR

Le but du PIF étant de faire connaître les auteurs francophones, je réserve un article complet à chacun des ouvrages qui suivent, car je les ai a-do-rés et je veux absolument vous en dire plus. Il s’agit des Loups chantants d’Aurélie Wellenstein (Scrineo), d’Enfant du chaos d’Éva Simonin (Naos) et de Piratas d’Aurélie Rodriguez (Magnard).

Couverture du livre : Les Loups chantants  Couverture du livre : Les Veilleurs, tome 1 : Enfant du Chaos  Couverture du livre : Piratas

LECTURES SYMPATHIQUES

J’ai apprécié les titres qui suivent, sans toutefois éprouver l’enthousiasme débordant des trois précédents romans :

La Tour de Cécile Duquenne (auto-édition)
Une jeune femme se réveille dans un endroit inconnu, hostile, et réalise qu’elle n’a qu’une échappatoire : la fuite vers le haut ; ses souvenirs d’abord clairsemés lui reviennent par vagues, lui faisant comprendre que la raison de sa présence ici se trouve dans son passé trouble. Une lecture haletante, avec des personnages intéressants, mais trop peu fouillés à mon goût et, en toute franchise, je n’ai pas aimé la fin, que j’ai trouvé téléphonée.

Couverture du livre : La Tour

Les Élémentaires de Nadia Coste (Castelmore)
Dans un univers médiévo-moderne assez loufoque, les gens sont doués de magie en lien avec les 4 éléments (air-terre-eau-feu). Cassandra est mage de feu, mais n’a jamais réussi à contrôler son don, ce qui pose problème au quotidien. Pour guérir, elle s’embarque dans un voyage au long cours, accompagnée notamment d’un aventurier dont l’élément est l’eau. J’ai trouvé ce roman assez chouette à lire, drôle, avec des personnages assez attachants. Ce n’est pas un coup de cœur non plus (je ne suis pas une grande fan de romans à l’humour décalé en fait, et il y avait parfois des ficelles scénaristiques un peu grosses), mais en lisant la fin, j’ai trouvé pas mal de portes ouvertes pour une suite. Si elle paraît un jour, je pense que je la lirai.

Destinations, l’anthologie des Imaginales 2017 (éditions Mnémos)
Pour ce dernier titre, j’ai commencé par ne lire que les nouvelles d’auteures ^^ Et finalement, j’ai lu la totalité. J’ai découvert au passage de très belles plumes, ce qui me donne envie de creuser et voir ce que ça donne sur des romans (Charlotte Bousquet, G.D. Arthur).

Couverture du livre : Anthologie des Imaginales 2017 : Destinations

LES LECTURES « SANS PLUS »

J’ai lu en me forçant (dommage, hein ?) deux romans, et en ai carrément abandonné deux autres :

Aussi libres qu’un rêve de Manon Fargetton (Castelmore) – une dystopie avec un univers et des personnages trop peu fouillés ou caricaturaux à mon goût

Couverture du livre : Aussi libres qu'un rêve

Les Océans stellaires de Loïc Henry (Scrineo) – malgré le titre accrocheur, je n’ai pas réussi à apprécier ce roman en dehors de quelques descriptions sous-marines : je trouve que l’auteur ne donne pas assez de clés pour comprendre l’univers, que les personnages (notamment au niveau des dialogues) sont assez mal écrits, je n’ai pas réussi à vraiment entrer dans l’histoire, et surtout, je trouve assez scandaleux de parler de sujets sensibles (clonage) sans vraiment intégrer une réflexion dessus.

Couverture du livre : Les Océans Stellaires

J’ai abandonné Bordermarge d’Emmanuelle Nuncq (Castelmore), je n’arrivais pas vraiment à rentrer dedans, et comme je m’étais un peu fait violence pour terminer Aussi libres qu’un rêve, j’ai préféré ne pas insister.

Et surtout, Le Flibustier du froid de Ludovic Rosmorduc (Le Riez) m’est tombé des mains. Je suis passée outre quelques maladresses d’écriture et clichés, mais le traitement des femmes, dans un roman français écrit dans les années 2010, m’a scandalisée : ce n’est pas possible à mon sens de créer une armurière (donc en théorie une bad-ass en puissance) qui ne pense qu’à cuisiner de bons petits plats pour que le bellâtre de service daigne lui accorder un regard.

DÉFIS REMPORTÉS

Avec cette liste, en plus des quatre précédents romans que je vous ai présentés individuellement, j’ai lu au printemps douze ouvrages, romans ou recueils de nouvelles, de l’imaginaire francophone (oui, je ne vous parle pas ici de mes lectures en dehors de cette catégorie ^^ ). Soit le double de ce que j’avais prévu (je sais, j’ai beaucoup trop lu, pas assez blogué, désolée).

Au passage, ma PAL est revenue à des proportions décentes, ça fait du bien !

J’ai coché les 9 défis suivants du PIF (sur 15 au total) :

  • Lire un livre en rapport avec le vent ou l’air (dans le titre ou le contenu) [parce que l’air est l’élément du printemps]
  • Ne lire que des romans et des nouvelles
  • Lire un recueil de nouvelles
  • Lire un livre auto-édité
  • Lire un livre d’une petite maison d’édition
  • Lire un récit avec une héroïne
  • Lire une suite de série
  • Terminer une série
  • Lire une relique de votre PAL

Et failli en cocher un dixième, en ne lisant presque que des auteures !

On arrive au terme de ce long bilan. Je vais reprendre un rythme plus lent en lectures, mais je ferai peut-être un nouveau bilan à la fin de l’été, période propice au bouquinage 🙂

À très vite !