Derrière Nilgir 1 – Hommage à l’Inde

J’aimerais partager avec vous quelques-unes des sources qui ont alimenté l’univers de Nilgir. J’avais prévu un article, mais je me suis montrée trop bavarde. Aussi, plutôt que de tailler dans le vif, j’ai préféré scinder l’histoire en deux et faire une petite série sur le sujet.

N’importe quel·le auteur·e vous le dira, elle·il puise dans son vécu pour nourrir ses œuvres. C’est souvent ce qui fait la spécificité d’un roman. La personnalité de son auteur·e l’imprègne, l’imbibe jusqu’à en faire un récit bien plus personnel qu’on ne le croirait au départ.

J’ai des racines indiennes et réunionnaises, aussi ces deux régions du monde sont-elles très présentes dans l’œuvre. Cette semaine, je vais vous parler des influences indiennes sur l’univers de Nilgir.

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Géographie et magie

En réalité, c’est toute la saga qui est un hommage à cette culture dont je suis issue, mais dans laquelle je n’ai pas vraiment grandi.

L’Inde est déjà présente dans le seul titre de la saga. Nilgir… Ce n’est pas un nom inventé, mais un lieu bien réel. Les montagnes Nilgiris sont une chaîne de montagne dans le sud de l’Inde. Il y a maintenant quinze ans, je me trouvais au pied de ces montagnes. J’ai éprouvé en les longeant un sentiment extraordinaire. Une sensation de retour aux sources. Je ne me l’explique pas vraiment, mais la sensation m’est revenue en mémoire quand, beaucoup plus tard, je me suis attelée à la réécriture de ma saga.

Les Nilgiris font deux apparitions dans l’univers de Line et ses amis. En plus du « principal » royaume de ce monde, elles ont donné leur surnom à certaines montagnes que mes jeunes héros traversent au cours de leur périlleux voyage du premier tome. Car voyez-vous, les Nilgiris sont parfois aussi appelées les « Montagnes bleues« .

Voici un petit extrait de la traversée de cette chaîne, dans L’œil de Tolmuk :

[L]es Montagnes Bleues étaient vraiment magnifiques. C’était une enfilade de crêtes rocheuses, de petits vallons sillonnés de torrents. Et partout, les couleurs semblaient exploser, gris foncé de la pierre, vert éclatant des cimes des arbres et même, l’espace d’un instant, le bleu intense d’un lac niché dans la montagne.

 

Les références à l’Inde ne s’arrêtent pas là. Voisin et allié de Nilgir, le Periyar est nommé directement d’après un parc national du Kerala, toujours dans le sud du sous-continent indien. Au détour d’une conversation dans L’œil de Tolmuk, ce pays étrange est mentionné pour la première fois (et pas la dernière !) :

Le Periyar, situé au nord de Nilgir, était surnommé le Pays des Dunes. Ses habitants étaient des nomades vivant par monts et par vaux. Ils avaient inventé toutes sortes d’équipements pour voyager par voie de terre.

 

Je n’ai pas besoin de préciser, j’imagine, que le troisième œil tatoué sur le front d’Owen, le fameux œil de Tolmuk, est une idée piochée dans le folklore hindou. Bien que j’en aie largement détourné le sens.

 

Autre élément de la mythologie hindoue, l’apsara, nymphe céleste, est transformée dans le monde de Nilgir en île dévastée par un cataclysme, bien longtemps avant le début de l’histoire… Le troisième tome, La Cité d’argent, permet une incursion dans ce lieu oublié de tous (sauf des poissons) :

Il oublia vite ce danger incertain alors qu’il progressait au-dessus de la ville engloutie. Murs, porches et arches étincelaient. De place en place, de petites silhouettes à queue et nageoires se faufilaient.
(…) Maël pouvait presque les voir, ces gens d’une autre époque, qui vaquaient à leurs occupations par un bel après-midi : les enfants qui jouaient sur les placettes ; les adultes qui travaillaient à leur art. Et puis, en quelques minutes, le silence affolant de la mer retirée au loin ; l’ombre qui grandissait, la vague qui obscurcissait soudain le ciel…

 

À la semaine prochaine pour la suite de l’histoire, avec la Réunion à l’honneur !

Crédit photo : Green Chameleon sur Unsplash