Pourquoi j’écris de la SFF ?

Non, il n’y a pas de F en trop : on désigne habituellement par l’acronyme « SFFF » les littératures dites de l’imaginaire (science-fiction, fantasy, fantastique), mais comme je n’écris pas de fantastique, je l’ai un peu adapté.

Pour commencer, je voudrais vous souhaiter une très bonne année 2018, avec la santé pour vous et vos proches, plein de projets, et bien sûr, des livres, des livres !

Le week-end dernier, j’ai participé à un atelier d’écriture très intéressant, animé par l’auteur Lionel Davoust (son site), au sein de l’école d’écriture Les Mots, située à côté du quartier latin à Paris.

Au cours de cet atelier, quelqu’un a demandé à Lionel pourquoi il écrivait de la SFFF. Sa réponse faisait écho à celle que j’aurais donnée si on me l’avait posée à cet instant. En résumé, il apprécie les possibilités qu’offre ce changement de cadre, pour au final dépeindre notre société sous un autre angle.

Voilà pourquoi j’écris de la SF, de la fantasy. Enfin, c’est ce que je croyais.

Au cours de l’atelier, nous avions plusieurs exercices d’écriture, autour de contraintes tirées au sort. Compte tenu du temps réduit à ma disposition, j’ai décidé au départ de me concentrer sur le côté technique (dans le cas présent, réfléchir au conflit), sans me soucier du décor. Les personnages, comme initiateurs et/ou moteurs du conflit, devaient forcément être travaillés un minimum, mais je n’avais pas le temps d’aller leur inventer des pouvoirs psychiques improbables ou des planètes exotiques comme arène de leur combat (au sens propre pour le premier exercice).

Au bout du troisième exercice, j’avais le moral dans les chaussettes. Je m’ennuyais en écrivant. Je sortais de chaque séance d’écriture un peu plus morose, parce que les scènes que je pondais étaient un concentré de ce que je vis au quotidien de plus… conflictuel, ha ha, forcément !

J’avais aussi l’impression d’être une espèce de photocopieuse de réalité. Peut-être tout ça n’est-il dû qu’à la première contrainte que j’ai tirée au sort : une piscine… la natation est le seul sport que je pratique, mais j’y suis accro. Donc forcément, ce déclencheur m’a gardée dans le monde réel au lieu de me permettre de m’évader.

Ah, l’évasion, fort beau concept, vous ne trouvez pas ? Eh bien voilà pourquoi j’écris de la SFF : quand j’écris, plus je m’éloigne de mon quotidien, plus je m’éclate. Et plus je m’éclate, plus j’ai envie d’écrire.

La preuve : à la fin de la première journée de cet atelier, j’ai jeté à la poubelle ce que j’avais péniblement écrit et j’ai sorti des cartons un petit projet qui me trotte dans la tête depuis deux ans. Que je ne pourrai écrire que l’année prochaine si tout se passe bien. Ça parle d’un dieu hindou à la retraite. Il a eu son début d’histoire, et je me suis régalée à l’écrire !

 

Crédit photo : David Hieb sur Unsplash