Les écrans et moi

Une nécessité du quotidien qui se transforme en addiction, puis en amour-haine… Comment limiter, à défaut de supprimer cette fenêtre entre moi et le reste ?

CRT TVs on rack

Comme je vous le disais dans l’article précédent, j’ai décidé de travailler à ma déconnexion. Je me suis rendu compte que j’étais de plus en plus esclave des écrans, notamment d’Internet. En fait, je ne regarde que très rarement de vidéos, quel que soit le support (télévision, VOD), et je ne joue jamais à des jeux vidéos (même si j’ai parfois l’impression que ça manque à ma culture).

J’ai pris la mauvaise habitude de surfer juste pour lire, lire et lire des articles divers et variés. Pour me vider la tête, j’arpentais les réseaux commersociaux sans fin, sans même interagir, simplement pour pouvoir cliquer plus. Mon cerveau en devenait drogué. Vous connaissez, ce petit coup de dopamine au moindre clic ? C’était assez dur, j’avais l’impression de ne faire qu’assister à la vie des autres, sans même regarder la mienne. Et combien cette image est erronée ! Car ce qu’on trouve sur ces réseaux, ce n’est pas de la vie. C’est de la publicité.

Il y aurait sans doute beaucoup d’autres choses à dire sur leur nocivité. Comment le système d’algorithmes vous enferme de plus en plus dans votre mode de pensée, comment les sentiments de colère et de violence se cristallisent, par la seule magie de cet écran qui vous donne un (faux ?) sentiment d’impunité.

Mais tout cela, je le savais depuis longtemps. Pourtant, je continuais à me rendre sur ces sites, juste pour me tenir informée. Soit disant. Et je dormais mal. Et je me sentais tout le temps fatiguée. Et je ne savais plus m’ennuyer. C’était particulièrement difficile en accompagnant mon fils au parc. Qu’est-ce que le temps paraît long, pendant que votre bambin enchaîne les tours de toboggan… Alors on sort son téléphone et on scrolle…

Depuis quelques semaines, on voit fleurir des articles sur la nocivité (du point de vue physiologique) des écrans. Ce n’est pas seulement l’intellect qui est affecté par leur consommation à outrance, mais la vue, le rythme du sommeil… Je crois que c’est ce qui a fini de me persuader qu’il était temps de réduire mon temps d’exposition, autant que faire se peut : l’écriture comme mon autre travail se passent forcément devant un écran d’ordinateur une grande partie du temps.

Comment faire alors ? Il fallait que j’arrête de buller devant les écrans à la moindre occasion. Difficile, vu les mauvaises habitudes prises. N’étant pas pour la demi-mesure, j’ai décidé de supprimer mes comptes sur les réseaux commersociaux (Facebook, Twitter et Instagram). Je passais trop de temps à ne rien y faire, j’y voyais souvent passer des trucs navrants, ou alors je me perdais dans une spirale de liens hypertextes. Sans être plus cultivée, plus informée pour autant, puisque la plupart des choses qu’on y trouve ne sont que des pièges à clics.

Certes, je ne peux plus « faire ma promotion » autour de mes œuvres ni « maintenir le contact ».

Mais en réalité, avec qui discutais-je vraiment sur ces sites ? Soit avec des proches (famille, amis dans la vraie vie, celle qui se passe hors des écrans), soit avec des gens rencontrés sur un certain forum. Dans le premier cas, j’avais d’autres moyens de les contacter (soit en vrai, soit en passant par des applications de messagerie, on reste dans les écrans mais dans des atmosphères plus conviviales et plus privatives). Dans le second, je peux tout à fait garder le lien via le forum en question, voire le mail pour les personnes les plus proches (et aussi, j’espère, reprendre un jour les rencontres « en vrai », quand mes garçons seront un peu plus grands).

Pour l’aspect « promotion », soyons réalistes, ça ne va sans doute pas me faire perdre de ventes. Avec le côté algorithmique de la chose, je doute qu’un seul de mes livres ait été acheté un jour grâce à ces réseaux, je ne suis pas assez visible, ni assez connue. Alors dans ces conditions, pourquoi y rester ?

Je préfère désormais me concentrer sur le forum dont je parlais plus haut, sur ce blog, mais aussi sur ceux que je suis avec grand intérêt. Voilà des espaces où la discussion peut se passer de manière cordiale, où elle peut apporter quelque chose. Et que j’aurai moins tendance à consulter en mode compulsif pour apporter son petit shoot de dopamine à mon cerveau !

En parallèle, j’écris toujours sur mon clavier, bien que stylo et papier ne soient jamais loin. Je me suis lancée dans la recherche de magazines papier auxquels m’abonner et retrouver cet autre plaisir, recevoir du courrier. Je délaisse aussi ma liseuse, bien qu’elle soit remplie de nouveaux textes à découvrir. Bref, je reprends contact avec le tangible. Papier, encre.

Quand je reprendrai le travail, je serai aussi à nouveau plusieurs heures par jour devant un écran. J’espère réussir à diminuer ce temps passé. Parce que se passer (en partie) des écrans est une gageure, mais j’ai tellement l’impression de revivre depuis que je me suis lancée dans cette aventure… Et vous savez quoi ? À côté des toboggans, il y a des bancs. On peut y griffonner sur un carnet.

 

Crédit photo : Constellate sur Unsplash

Renaissance du blog

Je ne suis pas partie au pôle Sud. Ni sur Mars. En fait, j’en reviens. De Mars, pas du pôle Sud (cf. un peu plus loin). Si seulement, d’ailleurs.

northern lights over snow-capped mountian

J’ai eu un deuxième bébé. Et vous savez quoi ? Avoir des enfants, ça occupe ! Non seulement on doit veiller sur un nouveau-né (je l’ai surnommé le petit koala, celui-là, devinez pourquoi), mais en plus on doit gérer le premier qui a la bonne idée de faire justement sa crise d’ado des deux ans en même temps, à moins qu’il ne soit en train de s’habituer à la perte de son statut d’enfant unique. Allez savoir.

Et moi, et mon écriture, on devient quoi dans tout ça ? Déjà, vous avez peut-être remarqué que vous ne me trouvez plus sur les autres réseaux sociaux commerciaux (je récupère une expression qui fait beaucoup sens à mon avis, je l’ai glanée sur ce blog que je vous recommande fortement). Si vous avez eu peur pour ma vie (comme ma pauvre éditrice, encore désolée Stéphanie), je vous rassure : je suis toujours là, j’ai juste décidé de vivre autrement.

Je vous parlerai plus longuement dans un autre article de cette déconnexion des réseaux. En attendant, sachez simplement que je ne suis pas restée inactive depuis décembre dernier. Nilgir 4 a reçu un premier round de corrections éditoriales, mais entre ma maternité, et d’autres contraintes dans les vies des gens qui travaillent avec moi sur ce projet, le roman n’est pas encore sorti, ça ne vous a peut-être pas échappé ?

Bref, Nilgir 4 est dans les tuyaux, des tuyaux peut-être un peu rallongés, mais sa parution se prépare.

En parallèle, j’ai bouclé un roman pour adultes, celui qui se passe sur Mars. Je l’ai fait partir chez plusieurs éditeurs début juin. Je m’arme maintenant de patience, mais je n’aurai pas de résultats (dans un sens ou dans l’autre) avant plusieurs mois. Si vous voulez en savoir plus sur ce projet, je vous propose de jeter un coup d’œil sur cette nouvelle page du site, qui récapitule les projets non encore édités.

Et maintenant ? Eh bien, je jongle entre les deux loupiots, qui profitent d’un été entier avec leur môman, avant ma reprise de travail. Pour ne pas devenir chèvre (et pour perdre environ un million de kilos), j’ai décidé d’utiliser le créneau habituellement réservé à l’écriture (celui de l’aube) à une activité sportive. L’écriture attend la sieste des garçons, pour les jours où ils ont l’obligeance de la faire en même temps.

Avec ce planning aléatoire, pas évident de se lancer dans un nouveau projet. Et pourtant, j’en ai à la pelle, des idées de romans. J’ai décidé de commencer tout doucement un nouveau roman jeunesse, dans une veine humoristique pour changer (un genre de Shrek à la sauce « mythologie hindou »). Entre les recherches documentaires et les galères du début de roman, j’avance au rythme d’un escargot asthmatique. Mais c’est normal, quand on ne sait pas si on est jardinière ou architecte (autrement dit, quand on tâtonne entre plusieurs méthodes), et qu’on n’a pas écrit un nouveau roman depuis 2016.

Voilà, je reviens dans quelques jours pour parler réseaux et déconnexion. Et je retourne sur l’assemblage de mes bouts de scène pour cet incipit. Au fait, son nom de code : Airavata.

 

Crédit images : Lightscape sur Unsplash

Non, je n’ai pas de retourneur de temps (et j’en veux bien un) !

Cette semaine, quelqu’un dans mon entourage m’a dit la phrase que nombre d’auteurs entendent un jour ou l’autre (ou plusieurs) : comment tu arrives à faire tout ça ? La réponse est simple : non, je n’arrive pas à faire « tout » ça !

 

 

En réalité, ma routine est basée sur une mécanique huilée, certains choix, des coups de chance et aussi un gros travail sur moi-même pour ne pas me mettre la pression.

En effet, je jongle tout le temps. Entre le travail-qui-me-paye-les-factures, qui prend quand même du temps et des neurones (surtout cette année, avec un concours à préparer) ; le foyer, soit un bout de chou, un mari qui ont besoin de moi (et j’ai aussi besoin d’eux), un appartement pas bien grand mais suffisamment pour nécessiter un certain entretien, des choix de vie (cuisiner (presque) tout ce que nous mangeons, grands comme petit, s’approvisionner en essayant de ne pas uniquement faire appel à la grande distribution…), un besoin de contacts (les amis et la famille dans la vie réelle, les réseaux sociaux)…

Alors comment je fais pour gérer tout ça sans oublier personne sur le bord de la route? J’organise. Je trie les trucs à faire. Je cherche toujours des gains de productivité et/ou de temps. J’essaie de déléguer (le plus dur, sans aucun doute).

Et depuis que j’ai un enfant, je ne me mets pas la pression si j’échoue et je me garde des plages horaires pour souffler. Parce que je porte pas mal de choses sur mes petites épaules, en dehors de mon rêve de vivre de ma plume, et que ça ne va pas du tout le faire si je m’effondre sous le nombre de tâches à effectuer.

Un jour, mon fromager m’a dit (on a les références qu’on peut) : « vous avez une petite mine. Vous êtes comme ma femme, vous essayez de faire tenir deux litres dans un litre« .
Deux enseignements à tirer de cette remarque très éclairante :
1) c’est vrai qu’il faut accepter qu’on n’a que 24 heures dans une journée, dont une part non négligeable est dédiée à des tâches incompressibles (repos, hygiène, alimentation, par exemple) ; une fois qu’on l’a compris, on gère mieux son temps !
2) pourquoi ce sont (presque) toujours les femmes qui veulent faire tenir deux litres dans un litre ? Les hommes n’ont-ils pas besoin de lutter contre ce penchant ? Là, on aborde un autre point, celui de la charge mentale.

La charge mentale, on en parle beaucoup ces temps-ci (je vous conseille vivement cette excellente BD si vous ne l’avez pas encore lue). Depuis que j’ai découvert le concept, que j’ai pris conscience de ce truc qui est suspendu sur ma tête en permanence, je travaille beaucoup à faire changer les choses dans mon quotidien, pour ne plus être la seule destinataire… Mais c’est un travail sur soi, sur les autres, qui prend du temps.

Je digresse ! Ce que j’essaie de dire, avec cet article, c’est que oui, je fais plein de trucs. Mais c’est sans doute aussi au prix d’autres choses, que vous faites de votre côté (regarder la télé ? buller ? voire passer deux heures dans les transports chaque jour, ce dont j’espère bien me passer encore longtemps).

En fait, pour arriver à faire ce qu’on aime, écrire par exemple, il faut se poser et décider de la manière dont on va organiser le quotidien pour que ça soit possible. Et pas l’inverse.

C’est en définissant ses priorités qu’on peut espérer donner toute la place qu’il faut à certains pans de notre vie. Parce que si on ne le fait pas, la montagne de linge, la vaisselle, ou même la nouvelle série dont tout le monde parle prendront cette place, sans vous demander votre avis, et parfois sans même que vous vous en rendiez compte.

Je vous laisse, j’ai des courses à faire ^^

 

Crédit photo : Bryce Barker sur Unsplash