Non, je n’ai pas de retourneur de temps (et j’en veux bien un) !

Cette semaine, quelqu’un dans mon entourage m’a dit la phrase que nombre d’auteurs entendent un jour ou l’autre (ou plusieurs) : comment tu arrives à faire tout ça ? La réponse est simple : non, je n’arrive pas à faire « tout » ça !

 

 

En réalité, ma routine est basée sur une mécanique huilée, certains choix, des coups de chance et aussi un gros travail sur moi-même pour ne pas me mettre la pression.

En effet, je jongle tout le temps. Entre le travail-qui-me-paye-les-factures, qui prend quand même du temps et des neurones (surtout cette année, avec un concours à préparer) ; le foyer, soit un bout de chou, un mari qui ont besoin de moi (et j’ai aussi besoin d’eux), un appartement pas bien grand mais suffisamment pour nécessiter un certain entretien, des choix de vie (cuisiner (presque) tout ce que nous mangeons, grands comme petit, s’approvisionner en essayant de ne pas uniquement faire appel à la grande distribution…), un besoin de contacts (les amis et la famille dans la vie réelle, les réseaux sociaux)…

Alors comment je fais pour gérer tout ça sans oublier personne sur le bord de la route? J’organise. Je trie les trucs à faire. Je cherche toujours des gains de productivité et/ou de temps. J’essaie de déléguer (le plus dur, sans aucun doute).

Et depuis que j’ai un enfant, je ne me mets pas la pression si j’échoue et je me garde des plages horaires pour souffler. Parce que je porte pas mal de choses sur mes petites épaules, en dehors de mon rêve de vivre de ma plume, et que ça ne va pas du tout le faire si je m’effondre sous le nombre de tâches à effectuer.

Un jour, mon fromager m’a dit (on a les références qu’on peut) : « vous avez une petite mine. Vous êtes comme ma femme, vous essayez de faire tenir deux litres dans un litre« .
Deux enseignements à tirer de cette remarque très éclairante :
1) c’est vrai qu’il faut accepter qu’on n’a que 24 heures dans une journée, dont une part non négligeable est dédiée à des tâches incompressibles (repos, hygiène, alimentation, par exemple) ; une fois qu’on l’a compris, on gère mieux son temps !
2) pourquoi ce sont (presque) toujours les femmes qui veulent faire tenir deux litres dans un litre ? Les hommes n’ont-ils pas besoin de lutter contre ce penchant ? Là, on aborde un autre point, celui de la charge mentale.

La charge mentale, on en parle beaucoup ces temps-ci (je vous conseille vivement cette excellente BD si vous ne l’avez pas encore lue). Depuis que j’ai découvert le concept, que j’ai pris conscience de ce truc qui est suspendu sur ma tête en permanence, je travaille beaucoup à faire changer les choses dans mon quotidien, pour ne plus être la seule destinataire… Mais c’est un travail sur soi, sur les autres, qui prend du temps.

Je digresse ! Ce que j’essaie de dire, avec cet article, c’est que oui, je fais plein de trucs. Mais c’est sans doute aussi au prix d’autres choses, que vous faites de votre côté (regarder la télé ? buller ? voire passer deux heures dans les transports chaque jour, ce dont j’espère bien me passer encore longtemps).

En fait, pour arriver à faire ce qu’on aime, écrire par exemple, il faut se poser et décider de la manière dont on va organiser le quotidien pour que ça soit possible. Et pas l’inverse.

C’est en définissant ses priorités qu’on peut espérer donner toute la place qu’il faut à certains pans de notre vie. Parce que si on ne le fait pas, la montagne de linge, la vaisselle, ou même la nouvelle série dont tout le monde parle prendront cette place, sans vous demander votre avis, et parfois sans même que vous vous en rendiez compte.

Je vous laisse, j’ai des courses à faire ^^

 

Crédit photo : Bryce Barker sur Unsplash